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Femme

Mercredi 22 novembre 2006

INTRODUCTION

La femme est esclave et asservie par l'homme, n'a pas le droit de sortir,n'est utile qu'à s'occuper des enfants et de la tenue de la maison,n'a pas le droit de travailler,n'a pas le droit d'étudier ;bref est réduite à rien et est exclue de toute vie sociale.

Voici ce que l'on entend souvent sur la femme musulmane ou plus précisément sur la vision que l'on a de la femme en islam.

Si cela s'était avéré exact, la communauté musulmane ne connaîtrait ni cet essor,ni des femmes de différentes confessions ou sans religion se convertir à l'Islam.

Car soyons logique, qui aurait envie de choisir une telle vie ;à savoir enfermée,esclave d'un mari despote, dévalorisée, ignorée, coupée totalement du monde ?

Qui aurait envie de rentrer dans une religion qui réduirait un être humain à une inexistence totale ?

Les mots pèsent lourds et déforment une réalité si lointaine. Comme il est incroyable de constater les ravages que peuvent faire un regard, une idée reçue dépourvus de toute recherches complémentaires ! ! !

Et pourtant, au delà de ce que les médias veulent faire croire, au delà de ces mots tels que intégrisme, islamisme, tchador et bien d'autres encore, il me semble nécessaire d'approfondir le sujet et de voir qui est réellement la femme musulmane .Car contrairement  à ce que beaucoup peuvent penser, cette femme est libre, joyeuse et fière d'être ce qu'elle est.

C'est pourquoi , je vous invite à entrer dans cette page en laissant pour quelques instants de côté vos préjugés,votre subjectivité et ouvrir vos yeux ,et pourquoi pas aussi vos cœurs.

Ainsi, à travers cette page,je prie Dieu de m'aider à faire tomber des idées reçues et je le remercie(al hamdu lillah)de m'encourager dans cette entreprise en espérant la mener à bien, Incha'Allah.

LES FEMMES EXAMPLAIRES DANS LE CORAN

 

Par Oussama
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Jeudi 23 novembre 2006
Contrairement à l'idée communément admise en Occident, selon laquelle la femme musulmane est maltraitée et méprisée, on peut affirmer que l'Islam a en fait donné à la femme, tant sur le plan spirituel que sur le plan communautaire, un statut jamais égalé par aucune autre société humaine jusqu'à nos jours.

Sur le plan spirituel d'abord, en la considérant comme une créature semblable en tout point à l'homme.Dieu dit :

" O hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a crées d'un seul être, et qui ,de celui-ci crée son épouse et qui fit naître de leur union un grand nombre d'hommes et de femmes "(Coran,4 ;1)

En ce qui concerne les jeunes filles d'abord : il existait en effet dans l'Arabie pré-islamique une coutume qui consistait à enterrer vives les filles en bas âge, par crainte de la pauvreté-car c'était une bouche de plus à nourrir-ou encore parce que la naissance d'une fille était considérée comme une honte :

" Lorsqu'on annonce à l'un d'eux la naissance d'une fille, son visage s'assombrit,il suffoque,il se tient à l'écart,loin des gens,à cause du malheur qui lui a été annoncé.Va-t-il conserver cette enfant, malgré sa honte,ou bien l'enfouira-t-il dans la poussière ?Leur jugement n'est_il pas détestable ? "(Coran, 16 ;58-59.Voir aussi 43 ; 17)

L'Islam a aboli cette pratique, la condamnant sévèrement :

" Et lorsqu'on demandera à la fille enterrée vivante-pour quel crime a-t-elle été tuée ? "(Coran,81 ; 8-9)

Au jour du Jugement Dernier, rien donc ne viendra justifier cet homicide.

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Le mariage est un contrat solide par lequel Dieu a lié l'homme et le femme.Chacun d'eux devient à partir de ce moment l'élément d'un couple ,après avoir été un individu à part.

Ainsi chacun des deux époux est numériquement un mais ,en réalité ,il n'est que l'élément d'un couple ,chacun d'eux représentant l'autre et partageant dans son propre cœur les douleurs et les espérances de l'autre.

Le Coran a bien décrit le degré de solidité de ce lien entre les deux époux dans le verset :

" Elles sont pour vous un vêtement et vous l'êtes pour elle " (2 : 187)

Cela évoque la fusion totale de deux êtres ,la couverture ,la protection et la beauté que chacun des deux assure à l'autre.

C'est pourquoi ,afin que cette fusion s'opère ,chacun des deux époux a des droits et devoirs l'un envers l'autre .Dieu les a signalé ainsi :

" Les femmes ont autant de droits que de devoirs vis-à-vis de leurs époux.Une certaine préeminence demeure acquise aux hommes " (2-La Vache-228)

Ce verset a fixé à chaque conjoint ses droits propres ,mais il a reconnu des droits spéciaux à l'homme pour des conditions particulières.

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L 'Islam est une religion qui touche tout être humain qu'il soit d'origine différente ,de culture différente.Chaque musulmane a son propre parcours et son propre passé qui la rend spécifique.

Toutefois ,cette musulmane a un profil qui n'échappe à personne et qui est reconnue de tous en tant que telle ;tout simplement parce que l'Islam  lui impose une tenue vestimentaire non pas pour la brimer mais pour lui apporter respect et dignité ,c'est-à-dire la pudeur.Il n'y a pas 36 discours sur la manière dont la femme doit s'habiller.Le Coran s'en tient à un seul et unique.Si les avis divergent à ce sujet ,ce ne sont que des opinions humaines qui ne tiennent pas compte de la parole divine et qui transforment  les citations coraniques.Allah a été  très clair à ce sujet et de part cette clarté aucune interprétation n'est possible.

Pour l'Islam ,le vêtement a deux buts :

- couvrir la nudité

- parer le corps

C'est pourquoi ,Dieu a rappelé aux humains en général ,ce que Sa sagesse leur a préparé comme vêtements et parures en disant :

"O fils d'Adam !Nous avons effectivemant fait descendre sur vous des vêtements cachant vos parties intimes ainsi que des parures" (7:26)

Par Oussama
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Mercredi 29 novembre 2006

Asmâ’ Bint Abû Bakr, qu’Allâh les agrée tous deux, appartenait à une famille Musulmane distinguée. Son père, Abû Bakr, était un proche ami duProphète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), et à sa mort, devint le premier Calife. Sa demie-soeur `Â’ishah, la Mère des Croyants, (qu’Allâh l’agrée) était l’une des épouses du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui). Son époux, Az-Zubayr Ibn Al-`Awwâm, était un auxiliaire personnel du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui). Son fils, Abdullâh Ibn Az-Zubayr, se rendit célèbre par son intégrité et son absolue dévotion pour la vérité.

Asmâ’ elle-même était l’une des premières à embrasser l’Islam. Seuls dix-sept personnes environ, hommes et femmes confondus, devinrent musulmans avant elle. Plus tard , elle fut surnommée Dhât An- Nitâqayn (la femme aux deux ceintures), à cause d’une annecdote liée à l’émigration (hijrah) historique du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et de son père Abû Bakr de la Mecque vers Médine.

Asmâ’ était l’une des rares personnes au courant des projets du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), qui avait pris la résolution de partir pour Médine. Le plus grand secret devait être gardé, car Quraïsh voulait la mort du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui). La nuit de leur départ, Asmâ’ leur prépara un sac de provisions ainsi que de l’eau pour leur voyage. Comme elle ne trouva rien pour attacher les récipients, elle décida d’utiliser sa ceinture (nitâq). Abû Bakr lui suggéra de la fendre en deux morceaux, ce qu’elle fit, et le Prophète(paix et bénédiction de Dieu sur lui) loua son geste. Depuis, elle fut connue comme étant " la femme aux deux ceintures".

Lorsque la dernière émigration vers Médine eut lieu, après le départ du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), Asmâ’ était enceinte. Cependant, ni sa grossesse, ni la perspective d’un voyage long et pénible ne la dissuadèrent de partir. Des qu’elle fut parvenue à Qobâ, aux abords de Médine, elle mit au monde son fils Abdullâh. Les musulmans s’exclamèrent : ’Allâhou Akbar ! ’ (Allâh est Le plus Grand) et la Ilâha illâ Allâh ! (il n’y a point d’autre Dieu qu’Allâh), mus par la joie et la gratitude, car Abdullâh fut le premier né parmi les Muhâjirîn (émigrés) a Médine.

Asmâ’ devint célèbre pour ses qualités nobles et admirables et pour son intelligence accrue. Elle était extremêment généreuse, ce qui fit dire à son fils Abdullâh : "Je n’ai jamais connu personne d’aussi généreux que ma tante `â’ishah et ma mère Asmâ’. Mais leur générosité s’exprimait de facon différente. Ma tante accumulait les choses une à une jusqu’à ce qu’elle en eut suffisemment pour ensuite les redistribuer aux nécessiteux. Ma mère, quant à elle, ne gardait rien, même pas pour le lendemain".

La présence d’esprit d’Asmâ’ dans les moments difficiles était remarquable. Lorsque son père quitta La Mecque, il emporta toute sa fortune, qui s’évaluait à six mille dirhams, et ne laissa rien à sa famille. Quand Abû Quhâfa, le père d’Abû Bakr qui était encore un mushrik (associateur) apprit son départ, il se rendit à sa demeure et dit a Asmâ : "j’ai appris qu’il vous avait dépossédés de votre argent et vous avait abandonnés", ’Non, grand-père, répondit Asmâ’, en fait il nous a laissé beaucoup d’argent". Elle prit des cailloux et les déposa dans une niche du mur où ils avaient pour habitude de garder l’argent. Elle les recouvrit d’un linge, puis prenant la main de son grand père qui était aveugle, dit : "Vois combien d’argent il nous a laissé".

En usant de ce stratagéme, Asmâ’ voulait dissiper les craintes du vieil homme et éviter qu’il ne leur donna quelque chose de ses propres richesses. Et ce parce qu’elle détestait recevoir de l’aide d’un mushrik (associateur), fut-il son propre grand-père. Elle observait un comportement similaire vis-a-vis de sa mère et n’était pas disposée à compromettre son honneur et sa foi. Un jour, sa mère Qutaylah vint lui rendre visite à Médine. Elle n’était pas musulmane et était divorcée de son père depuis l’époque pré-islamique. Elle lui apporta des raisins secs, du beurre clarifié, et d qaraz (des cosses de bois de santal).

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Par Oussama
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Jeudi 30 novembre 2006

La vie de `Â’ishah est la preuve qu’une femme peut être bien plus instruite qu’un homme et qu’elle peut être le professeur de savants et d’experts. Sa vie montre aussi qu’une femme peut exercer une influence sur les hommes et les femmes et leur apporter l’inspiration et l’union. Sa vie est enfin la preuve que cette même femme peut être complètement féminine et être une source de plaisir, de joie et de réconfort pour son mari.

Elle ne fut diplômée d’aucune université car il n’y avait pas d’universités à cette époque. Cependant, ses discours sont étudiées dans les facultés de littérature, ses déclarations juridiques sont étudiées dans les Ecoles de Droit et sa vie ainsi que ses œuvres sont étudiées par des étudiants et des enseignants en Histoire Islamique depuis un millier d’années.

L’essentiel de ses vastes connaissances fut acquis alors qu’elle était encore jeune. Dans sa petite enfance, elle fut élevée par son père qui était très aimé et respecté car c’était un homme qui disposait d’un grand savoir, de manières courtoises et d’une présence agréable. De plus, il était l’ami le plus proche du noble Prophète — paix et bénédictions sur lui — qui lui rendait souvent visite, et ce, depuis les tous premiers jours de sa mission.

Dans sa jeunesse, déjà connue pour sa frappante beauté et sa formidable mémoire, le Prophète lui-même lui porta un soin et une attention particuliers. En tant qu’épouse et compagne du Prophète — paix et bénédictions sur lui —, elle acquit un savoir et une perspicacité qu’aucune autre femme n’a atteints à ce jour.

`Â’ishah devint la femme du Prophète — paix et bénédictions sur lui — à la Mecque alors qu’elle était à peu près dans sa dixième année, mais son mariage ne fut pas célébré avant la deuxième année de l’Hégire, alors qu’elle avait entre quatorze et quinze ans [1]. Avant et après son mariage, elle garda une jovialité et une innocence naturelles et ne semblait pas intimidée par l’idée d’être mariée au Messager de Dieu — paix et bénédictions sur lui —, lui que tous ses compagnons, y compris les parents de `Â’ishah, traitaient avec un amour et une révérence qu’ils ne vouaient à aucune autre personne.

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Par Oussama
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Vendredi 1 décembre 2006

Nous ne connaissons pas précisément les circonstances qui ont fait que la jeune fille abyssine se retrouva esclave à vendre à la Mecque. Nous ne savons rien de ses racines, de sa mère, de son père ou de ses ancêtres.

Ils furent très nombreux comme elle, filles et garçons, arabes et non-arabes, capturés puis mis en vente sur le marché aux esclaves de la ville. Un terrible sort attendit certains d’entre eux qui se retrouvèrent aux mains de maîtres ou de maîtresses cruels qui les firent travailler comme des bêtes de somme et les traitèrent avec une dureté extrême.

Dans cet environnement hostile, rares furent ceux qui eurent plus de chance et qui rejoignirent les foyers de gens gentils et attentionnés.

Barakah- que Dieu l’agrée - la jeune fille abyssine, fit partie des plus chanceux. Elle fut achetée par le généreux et aimable `Abdullah, le fils d’Abd al-Muttalib. Elle devint l’unique servante de son foyer et lorsqu’il se maria avec la Dame Amina, elle s’occupa d’elle également.

Deux semaines après leurs noces, selon Barakah - qu’Allah l’agrée - le père d’Abdullah vint chez eux et ordonna à son fils de se joindre à une caravane marchande en partance pour la Syrie. Amina en fut profondément attristée et s’écria :
" Que c’est étrange ! Que c’est étrange ! Comment mon mari peut-il partir pour un voyage marchand pour la Syrie alors que je suis encore une jeune mariée et que mes mains portent encore les traces de henné ? "

Le départ d’Abdullah fut déchirant. L’angoisse d’Amina fut si forte qu’elle s’évanouit. Barakah- qu’Allah l’agrée - raconte : " Lorsque je vis qu’Amina était inconsciente, je me mis à hurler de tristesse et de douleur : " O maîtresse ! " Amina ouvrit les yeux et me regarda ; les larmes coulaient abondamment sur son visage. Tout en réprimant un soupir, elle me dit : " Aide-moi à me coucher, Barakah. "

" Amina resta longtemps clouée au lit . Elle ne parla à personne. Elle ne regarda aucun de ceux qui lui rendirent visite, excepté `Abd Al-Muttalib, ce noble et brave vieil homme. " Deux mois après le départ d’Abdullah, Amina m’appela à l’aube un matin et me dit, son visage rayonnant de bonheur :

" O Barakah ! J’ai vu quelque chose d’étrange en rêve. "
" Quelque chose de bon, maîtresse " lui dis-je
" J’ai vu des lumières venant de mon ventre éclairant les montagnes, les collines et les vallées autour de la Mecque. "
" Etes-vous enceinte, maîtresse ? "
" Oui Barakah, " répondit-elle " Mais je ne ressens aucune des gênes que ressentent les autres femmes. "
" Vous allez donner naissance à un enfant béni qui apportera le bien ", lui dis-je.

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Par Oussama
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Vendredi 1 décembre 2006

INTRODUCTION :

Il y a cinq ans de cela, j'ai pu lire dans le Toronto Star daté du 3 Juillet 1990 un article intitulé "l'Islam n'est pas la seule doctrine patriarcale", écrit par Gwynne Dyer. L'article décrivait les réactions furieuses des participants d'une conférence sur le thème de la femme et du pouvoir, qui s'était tenue à Montréal. La source de ces réactions étaient les commentaires de la célèbre féministe égyptienne Dr Nawal Saadawi. Parmi ses déclarations "politiquement incorrectes" on rapportait celles ci : "les éléments les plus restrictifs à l'égard des femmes se trouvent en premier dans le Judaïsme puis dans le Christianisme et seulement en dernier dans le Coran.; autre citation : "toutes les religions sont patriarcales car elles proviennent de sociétés patriarcales"; et encore : "voiler les femmes n'est pas une pratique spécifiquement islamique, mais c'est un ancien héritage culturel dont on retrouve les analogies dans les religions soeurs".

Les participants ne pouvaient supporter de rester assis tandis qu'on mettait à égal leurs religions avec l'Islam. Ainsi, le Dr Saadawi essuya un tir de barrage de critiques. "Les commentaires du Dr Saadawi sont inacceptables. Ses réponses révèlent un manque de connaissance des religions des autres." a déclaré Bernice Dubois du " World Movement of Mothers "; "Je dois protester" explosa l'invitée Alice Shalvi du réseau des femmes d'Israël. "Il n'existe aucune conception du voile dans le Judaïsme." L'article essayait d'expliquer ces réactions furieuses en rappelant la tendance générale de l'Occident à prendre l'Islam comme bouc émissaire; alors que ces des pratiques sont tout autant une part du propre héritage culturel de l'Occident. "Les féministes chrétiennes et juives n'allaient tout de même pas rester assises à discuter au même niveaux que ces musulmans pervers", ironisait Gwynne Dyer. Je ne fus pas surpris que les participants de la conférence considérait l'Islam aussi négativement, spécialement quand il était question de la femme. En Occident, l'Islam symbolise la subordination de la femme par excellence (en français dans le texte). Pour se rendre compte de la persistance de ce cliché, il suffit de mentionner que le Ministre de l'Éducation en France, le pays de Voltaire, a récemment ordonné l'expulsion de toutes les jeunes filles portant le voile dans les écoles française ! On refuse le droit d'éducation à une jeune étudiante musulmane portant un foulard, alors qu'une étudiante catholique affichant une croix ou un étudiant juif arborant une calotte ne seront pas inquiétés. La scène des policiers français empêchant toutes les jeunes musulmanes en foulard d'entrer au collège est inoubliable. Elle rappelle une autre scène tout aussi scandaleuse, celle du Gouverneur George Wallace d'Alabama aux Etats-Unis, en 1962, debout devant la porte de l'école, essayant de bloquer l'entrée aux étudiants noirs pour empêcher la déségrégation des écoles d'Alabama.

La différence entre les deux scènes, c'est que les étudiants noirs avaient vraiment beaucoup de soutien de la part du reste des Etats Unis et du monde entier. Le président Kennedy envoya la Garde Nationale pour forcer l'entrée des étudiants noirs. Les filles musulmanes, quant à elles, n'ont reçu aucune aide de personne. Leur cause semblait ne susciter aucune compassion, aussi bien à l'intérieur ou à l'extérieur de la France. La raison en est la mauvaise compréhension et la peur de tout ce qui est islamique dans le monde aujourd'hui.
Ce qui m'intriguait le plus était de savoir si les déclarations faites par Saadawi, et celles qui l'avaient critiqué, étaient basées sur des faits? Autrement dit, l'Islam, le Christianisme et le Judaïsme ont-ils la même conception de la femme? Ou bien ces religions diffèrent-elles dans leurs conceptions? Le Judaïsme et le Christianisme offrent-ils vraiment un meilleur traitement que l'Islam? Quelle est la Vérité? Il n'est pas simple de trouver les réponses à des questions aussi difficiles. La première difficulté est d'être juste et objectif ou, au moins, faire tout son possible pour le rester. C'est ce que l'Islam enseigne. Le Coran exige des musulmans de dire la vérité même si leurs proches en sont victimes:

"Ô les croyants! Observez strictement la justice et soyez des témoins (véridiques) comme Allah l'ordonne, fût-ce contre vous mêmes, contre vos père et mère ou proches parents. Qu'il s'agisse d'un riche ou d'un besogneux, Allah a priorité sur eux deux (et Il est plus connaisseur de leur intérêt que vous). Ne suivez donc pas les passions, afin de ne pas dévier de la justice. Si vous portez un faux témoignage ou si vous le refusez, [sachez qu'] Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. ", sourate 4, verset 135.

L'autre grande difficulté est la largeur écrasante du sujet. Par conséquent, pendant les quelques dernières années, j'ai passé de nombreuses heures à lire la Bible, l'Encyclopédie de la Religion, l'Encyclopedia Judaica, à la recherche de réponses. J'ai aussi lu plusieurs livres traitant de la position de la femme dans les différentes religions, dont les auteurs sont des érudits, apologistes ou critiques. La lecture présentée dans les chapitres suivants rassemble les importantes découvertes de cette humble recherche. Je ne prétends pas avoir été absolument objectif. C'est au delà de ma capacité limitée. Tout ce que je peux dire, c'est que j'ai essayé, à travers cette recherche, d'approcher l'idéal Coranique de "témoin véridique".

Je voudrai souligner dans cette introduction que mon objectif dans cette étude n'a jamais été de dénigrer le Judaïsme ou le Christianisme. En tant que musulmans, nous croyons à l'origine divine des deux. Personne ne peut se prétendre musulman sans reconnaître que Moise et Jésus étaient de grands prophètes de Dieu. Mon objectif est seulement de défendre avec succès l'Islam et rendre un hommage, qui n'a que trop tardé en Occident, au message véridique final que Dieu a adressé à la race humaine. J'aimerai enfin insister sur le fait que je ne me suis occupé que des Doctrines. Autrement dit, mon propos était principalement la position de la femme dans les trois religions telle qu'elle apparaît dans les sources originales, et non pas telle qu'elle est vécue aujourd'hui par les fidèles dans le monde d'aujourd'hui. Par conséquent, la majeure partie des sources citées proviennent du Coran, des paroles du Prophète Mohamed, de la Bible, du Talmud et des paroles des Pères les plus influents de l'Église, dont les opinions ont contribué incommensurablement à définir et modeler le Christianisme. Cet intérêt pour les sources vient de la constatation suivante: comprendre une certaine religion par l'attitude, ou par le comportement de certains de ses membres est trompeur. Effectivement, beaucoup confondent culture et religion, d'autres ne savent pas ce que leur livre religieux dit, et d'autres encore ne s'en soucient même pas.

SOMMAIRE DU LIVRE

Par Oussama
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Mardi 5 décembre 2006

la valeur de la femme chez les arabes en période pré-islamique

1- La femme n’avait pas droit à l’héritage. Les arabes disaient : ‘Ne nous hérite que celui qui porte l’épée et protège son clan’.

2- La femme n’avait aucun droit sur son mari, le nombre de répudiations n’était pas limité, le nombre d’épouses pour un seul homme ne l’était pas non plus, et lorsque le mari mourrait, la veuve passait à l’aîné de ses enfants issus d’un autre mariage, en même temps que les biens qui composaient la succession du défunt.
Selon Ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) : ‘A l’époque pré-islamique, l’homme qui perdait son père ou son beau-frère, avait plus de droit sur sa femme (à l’exception de sa mère ou de sa sœur). Il pouvait jouir d’elle, tout comme la consigner chez lui jusqu’à ce qu’elle se rachète en lui cédant sa dot, ou qu’elle meurt et c’est encore lui qui récupérait ses biens’.

3- A l’époque pré-islamique (al Jahiliyya), la retraite de continence (al ‘idda[1]) durait une année entière. Le deuil (al ihdad) que portait la veuve pour son mari était éprouvant et humiliant.
Elle portait ses plus mauvais vêtements, se confinait dans la plus mauvaise chambre, renonçait aux parures, aux bijoux et à tout ce qui pouvait l’embellir (azzina). Elle évitait de se parfumer ou de se laver. Son corps ne touchait pas l’eau, elle ne taillait pas ses ongles et ne coupait pas un poil de son corps. Elle se cachait du regard des gens lorsqu’ils étaient en groupe, et au bout d’une année (de deuil). Elle sortait avec un visage très marqué et une odeur nauséabonde.

4- Les arabes de l’époque pré-islamique contraignaient leurs esclaves à la prostitution, et s’accaparaient leur salaire, jusqu’à ce qu’Allah (Exalté) fit descendre : {Et dans votre recherche des profits passagers de la vie présente, ne contraignez pas vos femmes esclaves à la prostitution} [24:33].  

5- Avant l’arrivée de l’Islam, il y avait différentes formes de mariage non-valides (zawaj fassid) chez les arabes :

a) Une forme dans laquelle, un groupe de moins de dix personnes entrait chez une femme et celle-ci avait un rapport sexuel avec chaque homme. En cas de conception d’un enfant, la femme désignait l’homme à qui elle attribuait la paternité.

b) Une forme connu sous le nom de «mariage pour améliorer la lignée». L’homme cédait sa femme à un homme courageux et de haut rang dans le but d’engendrer un enfant possédant les mêmes caractéristiques que lui.

c) Une forme connu sous le nom de «mariage temporaire (nikah al mout’a)». Le mariage temporaire consiste à épouser une femme pour un délai déterminé. La législation islamique a finit par le déclarer illicite. Certaines sectes chiites imamites [2] l’autorisent.

d) Une forme connu sous le nom de «mariage par compensation (ach-chighar)». Il consiste à ce que l’homme donne en mariage une femme : soit sa fille, sa sœur ou toute autre femme qui est sous sa tutelle à un tiers à condition que ce dernier lui donne en mariage une femme sans la dot, car l’échange prend la place de la dot.

Les deux derniers mariages se fondent sur la règle selon laquelle la femme est propriété de l’homme tout comme son argent et son bétail.
Ces pratiques existent encore de nos jours chez certains peuples primitifs comme les bohémiens.
 

Quant aux arabes de noble lignée comme les Quraysh, le mariage qu’ils pratiquaient est le même que celui des musulmans, comportant les fiançailles, la dot et le contrat. L’Islam a confirmé ce mariage tout en mettant fin à certaines traditions qui privent les femmes de leurs droits, comme le fait de les contraindre à se marier avec qui on veut, les empêcher de renouer avec leurs époux (après une séparation), reprendre injustement leur dot, etc…

L’Emir des croyants ‘Omar Ibn Al Khattab (qu’Allah l’agrée) disait : "Pendant la Jahiliyya, nous ne donnions aucune valeur à la femme, lorsque l’Islam est venu et qu’Allah a parlé d’elles, nous avons compris qu’elles ont des droits sur nous" [Al Boukhari].

Pour plus de renseignements sur ce sujet se référer à l’ouvrage : «la femme entre la valorisation de l’Islam et l’avilissement de la Jahiliyya».

L’enterrement des filles vivantes :

Les arabes de l’époque pré-islamique haïssaient les filles, ils les enterraient vivantes par crainte du déshonneur. L’Islam a désapprouvé cette pratique. Le Très Haut (Exalté) a décrit son atrocité et a dit des arabes de cette époque (al Jahiliyya) : {Et lorsqu’on annonce à l’un d’eux une fille, son visage s’assombrit et une rage profonde [l’envahit]. Il se cache des gens à cause du malheur qu’on lui a annoncé. Doit-il la garder malgré la honte ou l’enfouira-t-il dans la terre ? Combien est mauvais leur jugement !} [16: 58-59].
Le Très Haut (Exalté) les a blâmé en disant : {et qu’on demandera à la fille enterrée vivante, pour quel péché elle a été tuée} [81:8-9].

Notes de page :

[1] : Note du traducteur : La retraite de continence est une période qui suit la mort du mari ou le divorce. Durant cette période, la femme n’a pas le droit de se remarier.

[2] : Note du traducteur : Les chiites imamiyya sont une secte qui considère comme usurpateurs les trois premiers califes, Abou Bakr, ‘Omar et Othman (qu’Allah les agrée) et voient dans l’imam ‘Ali le successeur légitime du prophète (P. et B. d'Allah sur Lui), alors que ‘Ali lui même a déclaré publiquement que les meilleurs hommes de cette communauté après le prophète saws sont Abou Bakr et ‘Omar (qu’Allah les agrée).
Par Oussama
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Mercredi 6 décembre 2006
Une femme de Médine vint se plaindre de son mari auprès de Aïcha
radiaAllahu 'anha. Celle-ci lui conseilla d'attendre l'arrivée du Prophète
Lorsque celui-ci arriva, la femme lui exposa les griefs qu'elle avait contre son mari. Le Prophète saws lui conseilla alors: "Va! Ecoute ton mari et obéis-lui!" La femme demanda alors:"quelle récompense en recevrai-je?"

Le Prophète saws lui aurait alors dit:
"Il n'est pas de femmes qui prenne quelque chose de la demeure de son mari pour le remettre à sa place, au compte de laquelle Allah n'inscrive une bonne action, n'en éfface une mauvaise, et qu'il n'en élève d'un degré.

Il n'y a pas de femmes qui soit enceinte de son mari sans qu'elle reçoive la même récompense que celui qui veille la nuit, jeûne le jour et combat dans la voie d'Allah.Il n'est pas de femmes, en accouchant, qui ne reçoive la récompense d'un affranchissement, et de même lorsqu'elle allaite son enfant.
Lorsqu'elle sèvre son enfant, un hérault, dans le Ciel l'appelle et lui dit :'O femme! Tu n'as plus à te préoccuper de tes oeuvres passées.
Recommence un nouveau compte pour ce qui te reste de ta
vie.'
"

Aïcha radiaAllahu 'anha, présente à l'entretien, dit alors:"les femmes ont reçu beaucoup. Et, vous, les hommes, que vous reste-t-il?""
Il n'est pas un homme qui ne prenne la main de sa femme pour la cajoler au compte duquel Allah n'inscrive une bonne action.
S'il l'embrasse, ce sont deux bonnes actions.S'il s'unit à elle, cela vaut mieux que ce monde et tout ce qu'il contient.
Lorsqu'il se lève pour se purifier, l'eau ne passe pas sur un seul
poil de sa barbe sans que ne soit inscrite, à son compte, une bonne
action, effacée une mauvaise, et qu'il ne soit élevé d'un degré. Ce
qu'il reçoit pour une grande ablution est préférable à ce monde et à
tout ce qu'il contient.
Allah vante cet homme auprès des Anges: "
Voyez mon Serviteur, qui
s'est lavé dans la nuit froide afin de se purifier de l'impureté
majeure, tout plein den certitude que Je Suis Son Seigneur. Soyez
témoin que Je lui Pardonne"


Hadith raporté par Tirmidhi,
ref:"Etre musulmane aujourd'hui, position juridique de la femme
musulmane selon l'islam, I.I.F.S.O., éd.Tawhid, Liban, 1995,chapitre
III Le mariage, 3.Après le mariage, comportements entre époux.
Par Oussama
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Lundi 11 décembre 2006

Le voile entre la volonté de Dieu et la volonté des hommes

Question

La femme doit-elle obéir à son mari lorsqu’il lui interdit de porter le voile ? Une jeune femme voilée peut-elle ôter le voile la nuit de son mariage ?

Réponse de Sheikh `Atiyyah Saqr

Le port du voile est une obligation de la femme musulmane établie dans le Coran et la tradition prophétique. Dès lors que Dieu et Son Messager l’ont ordonné, l’accomplissement de ce devoir n’est pas conditionné par la permission de quiconque. Le mari qui ordonne à son épouse d’ôter son voile commet un péché car il lui ordonne de commettre un péché, tout comme s’il lui ordonnait de ne pas accomplir la prière ou de ne pas jeûner. Il s’agit même d’un péché majeur dans la mesure où il lui ordonne une chose répréhensible. Par conséquent, il est illicite pour l’épouse de lui obéir dans cette affaire car aucune obéissance n’est due à une créature dans la désobéissance du Créateur. Ce que l’on vise habituellement par l’obéissance à l’époux concerne la jouissance, la gestion du foyer et la quiétude en son sein. En dehors de ces points, personne n’a aucun pouvoir sur elle, notamment dans les affaires générales qui concernent les hommes et les femmes ; dans ce domaine, il n’y a que Dieu qui ordonne et interdit.

Que nul ne dise qu’elle est contrainte d’enlever son voile afin de la dédouaner de sa responsabilité. Au pire, ils divorceront sachant que c’est Dieu - Exalté soit-Il - Qui pourvoie pour elle et non pas son époux. Dieu l’orientera vers une personne qui saura prendre soin d’elle et la protéger loin de ce foyer où l’on brave les interdits divins. Qu’elle ne craigne pas pour leurs enfants non plus, car leur entretien et celui de leur gardienne (leur mère) est à la charge du père.

Que l’épouse sache que si elle lui obéit en ôtant le voile, l’emblème de son honneur et de sa vertu, il deviendra facile pour elle de lui obéir dans des choses bien plus graves. Un tel époux est, en effet, sans gêne et sans dignité et se laissera entrainer par le modernisme au-delà des limites tracées par la religion, de crainte d’être accusé d’archaïsme si son épouse ne se pliait pas aux canons de la modernité, avec ce que cela comporte comme choses rejetées par la religion.

Que les semblables de cet époux craignent Dieu et Lui rendent grâce de leur avoir donné des épouses vertueuses qui préservent leur propre honneur et celui de leurs époux. Qu’ils ne prennent pas à la légère le dévoilement de leurs épouses et qu’ils ne le considèrent pas comme une chose minime, car les plus grands incendies naissent de minimes étincelles.

Pour ce qui est du dévoilement de la mariée lors de son mariage, cela est illicite du moment qu’un homme étranger [1] y assiste. Ni la législation, ni un quelconque savant n’ont fait exception de ce jour. Il n’est pas permis de plier la religion à cette coutume qui nous est venue de cultures non musulmanes. Par le passé, et encore de nos jours, la mariée paraissait dans toute sa parure du moment qu’elle était entourée de femmes, et d’hommes parmi ses mahârim [2] comme son père, son frère, son oncle, en l’absence d’hommes étrangers.

Ce qui se fait actuellement dans certains lieux publics où se mélangent hommes et femmes sans respecter le hijâb ne peut être approuvé par l’islam. Celui qui y participe a tort, quel qu’il soit. Que personne n’attende d’un savant religieux de donner une fatwa l’autorisant prétextant d’une prétendue nécessité car il n’y a point de nécessité. L’épouse n’est destinée qu’à son époux et à personne d’autre. De même, ses atours lui sont destinés et à personne d’autre. Celui qui outrepasse les limites de la religion se rend coupable d’un péché. Le licite est évident et l’illicite est évident. Commettre un péché en sachant que cela est illicite est moins grave que de le commettre en affirmant que c’est licite, quand bien même les deux gestes constituent des désobéissances à Dieu. Une désobéissance qui ouvre la voie au repentir est plus légère qu’une désobéissance qui fait tomber son auteur dans la mécréance [3].

Fatwa émise en mai 1997.

P.S : Traduit de l’arabe de l’encyclopédie de fatwa.

Sheikh `Atiyyah Saqr est ex-président du Comité de Fatwa d’Al-Azhar.

Notes :

[1] Un homme étranger juridiquement parlant, par opposition à un mahram, est un homme n’appartenant pas au cercle familial proche dans lequel le mariage est interdit. NdT.

[2] mahârim, pluriel de mahram. NdT.

[3] Contester le licite et l’illicite, édictés par Dieu, est un acte de mécréance car cela revient à contester la volonté divine. Cela est bien plus grave que de commettre un péché tout en reconnaissant ses propres travers et faiblesses, sans récuser les ordres divins, car dans ce cas on peut encore se repentir et espérer en la miséricorde divine. NdT.

Source : Islamophile.org

Par Oussama
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Lundi 11 décembre 2006

Le jeûne des femmes qui montrent leurs atours est-il accepté ?

Question

Je ne porte pas le voile, mais j’accomplis le jeûne. Dieu acceptera-t-il ma prière et mon jeûne ?

Réponse de Sheikh `Atiyyah Saqr

Si le culte remplit les critères de validité et qu’il est voué à Dieu, on peut espérer qu’il sera accepté, mais il ne convient guère d’affirmer qu’il le sera car seul Dieu en décide, Lui Qui dit : « Allâh n’accepte que de la part des pieux » [1]. Le terme pieux désigne vraisemblablement les croyants pieux et non pas les polythéistes car ce passage fait partie du récit de Caïn et Abel. Les pieux parmi les croyants sont ceux qui ne désobéissent pas à Dieu et, lorsqu’ils commettent un péché, ils s’empressent de se repentir. Leurs œuvres pies sont acceptées, comme Dieu nous en a informés, et ce, par bonté de Sa part, et non pas par quelque obligation qui Lui incomberait. Les pieux, pour leur part, jouissent des degrés supérieurs de l’acceptation divine.

Quant aux croyants qui désobéissent à Dieu, Dieu ne les prive pas de l’acceptation de leurs œuvres pies en vertu de Sa Parole — Exalté soit-Il — : « Quant à ceux qui croient et accomplissent des œuvres pies, Nous ne perdons pas la rétribution de ceux qui accomplissent de bonnes œuvres. » [2] et, en même temps, Dieu — Exalté soit-Il — les châtie pour leurs péchés en vertu de Sa Parole : « Quiconque accomplit le bien, fût-ce le poids d’une fourmi, le verra, et quiconque accomplit le mal, fût-ce le poids d’une fourmi, le verra. » [3]

La femme qui prie et jeûne correctement, de manière totalement dévouée à Dieu, on espère que son œuvre sera acceptée. Elle encourt néanmoins le châtiment divin pour le fait d’ôter son voile, car cela est un péché. S’il est vrai que Dieu — Exalté soit-Il — dit : « Les bonnes œuvres effacent les mauvaises » [4], Il est le seul à connaître le poids du péché et à juger si l’œuvre pie suffit à l’effacer complètement. Cette appréciation est laissée à Sa discrétion — Exalté soit-Il —.

Il ne convient pas que le croyant se repose sur le pardon divin, tout en arrachant de son cœur tout sens de la crainte de Dieu, afin de ne pas s’enfoncer dans la transgression. Il lui incombe, au contraire, de s’empresser de demander pardon et de se repentir lorsqu’il commet un péché, afin que Dieu lui accorde Son pardon. Le Très-Haut dit en effet : « Et Je suis Grand Pardonneur à celui qui se repent, croit, fait bonne œuvre, puis se met sur le bon chemin. » [5] Le hadith rapporté par At-Tirmidhi dit aussi : « Crains Dieu où que tu sois. Fais suivre la mauvaise œuvre par une bonne œuvre, elle l’effacera. Et que ton comportement soit bon avec les gens. »

Je voudrais souligner que la personne qui se rebelle contre le port du voile ne craint pas Dieu ; elle n’accorde pas la moindre importance à Ses commandements et n’a pas peur de Son châtiment. Si une telle personne prie et jeûne, craindrait-elle Dieu si elle ne priait pas et ne jeûnait pas ? Si sa prière et son jeûne étaient accompagnées de cette crainte indispensable pour leur acceptation, cette crainte aurait un impact sur son comportement et ferait que cette personne respecterait le commandement de porter le voile. Sa rébellion contre le voile est un indice portant à croire qu’elle prie et jeûne sans crainte de Dieu, auquel cas Dieu n’accepte ni sa prière ni son jeûne.

Le Très-Haut dit : « Et accomplis la prière car la prière interdit les turpitudes et le blâmable. » [6] La tradition enseigne : « Celui dont la prière ne lui interdit pas les turpitudes et le blâmable ne fait que s’éloigner de Dieu. » Cette tradition fut narrée avec l’omission du premier narrateur (hadîth mursal) de la part d’Al-Hasan, selon une chaîne de transmission authentique. Elle fut également rapportée par At-Tabarâni et par Ibn Mardaweih dans son exégèse selon une chaîne de transmission molle (layyin). At-Tabarânî en rapporta une variante selon Ibn Mas`ûd : « Celui dont la prière ne lui enjoint pas le bien et ne lui interdit pas le blâmable ne fait que s’éloigner de Dieu. » selon une chaîne de transmission authentique. [7] On rapporta également dans un hadith authentique que l’on parla au Messager de Dieu — paix et bénédictions sur lui — d’une femme qui priait et jeûnait souvent mais qui agressait verbalement ses voisins ; il dit qu’il n’y avait aucun bien en elle et que sa place était en enfer.

En somme, il faut retenir que la droiture du comportement est un indice de l’acceptation de l’œuvre, sachant que l’acceptation de l’œuvre et sa correction sont deux choses différentes. La prière peut être accomplie correctement au plan de ses piliers et de ses conditions sans être acceptée par Dieu et sans qu’on puisse affirmer qu’elle est invalide. Il n’y a pas en définitive de lien entre la validité et l’acceptation. Le hadith nous enseigne aussi que : « L’homme s’en va de sa prière sans en avoir profité du dixième, du neuvième, du huitième, du septième, du sixième, du quart, du tiers ou de la moitié. » [8]

Malgré tout ce qui vient d’être dit, nous ne devons pas oublier la Parole de Dieu — Exalté soit-Il — : « Certes Allâh ne pardonne pas qu’on Lui donne quelque associé. À part cela, Il pardonne à qui Il veut. » [9] Mais cela ne doit pas être un prétexte pour se reposer entièrement sur la volonté divine car il y a une probabilité que Dieu ne veuille pas pardonner. Il ne convient pas non plus de se reposer sur la Parole du Très-Haut : « D’autres ont reconnu leurs péchés, ils ont mêlé de bonnes actions à d’autres mauvaises. Il se peut qu’Allâh accueille leur repentir. Car Allâh est Pardonneur et Miséricordieux. » [10] Nous devons au contraire nous empresser de nous repentir dans l’espoir que Dieu nous accorde une fin favorable.

P. S : Traduit de l’arabe du site islamonline.net.

Notes :

[1] Sourate 5, Al-Mâ’idah, La table servie, verset 27. NdT.

[2] Sourate 18, Al-Kahf, La caverne, verset 30.

[3] Sourate 99, Az-Zalzalah, La secousse, versets 7 et 8.

[4] Sourate 11, Hûd, verset 114.

[5] Sourate 20, Tâhâ, verset 82.

[6] Sourate 29, Al-`Ankabût, L’araignée, verset 45.

[7] Conférer les annotations sur Al-Ihyâ’ par Al-`Irâqî, volume 1, page 134.

[8] Rapporté par Abû Dâwûd, An-Nasâ’î et Ibn Hibbân dans son Sahîh.

[9] Sourate 4, An-Nisâ’, Les femmes, verset 48.

[10] Sourate 9, At-Tawbah, Le repentir, verset 102.

Source : islamophile.org

Par Oussama
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