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Lundi 27 novembre 2006 1 27 /11 /2006 16:27
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Par Oussama - Publié dans : Séries
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Lundi 27 novembre 2006 1 27 /11 /2006 16:31
Par Oussama - Publié dans : Séries
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Mardi 28 novembre 2006 2 28 /11 /2006 14:24

La bataille de Badr, du nom d’une vallée située entre La Mecque et Médine, est la première bataille décisive de l’Islam, et marque le début des confrontations armées entre les Musulmans et les polythéistes mecquois. Cette bataille se déroula le vendredi 17 Ramadân de l’an 2 de l’Hégire (mars 624 de l’ère chrétienne).

Situation géographique de Badr.

La caravane de Syrie

Au mois de Ramadân de l’an 2 de l’Hégire, le Messager de Dieu apprit qu’une grande caravane marchande qurayshite rentrait de Syrie à La Mecque, qu’elle était dirigée par Abû Sufyân, et qu’elle n’était escortée que par une quarantaine de cavaliers. Cette caravane avait en partie été financée par les biens que les polythéistes mecquois avaient spoliés aux Musulmans pendant et après les persécutions qu’ils leur firent endurer. Contraints de quitter La Mecque pour trouver une terre d’accueil moins hostile, les Musulmans avaient abandonné tous leurs biens dans le seul but de sauver leur foi. Ces biens avaient entièrement été saisis par les païens. Partant de ce constat, le Prophète demanda des volontaires pour aller intercepter cette caravane et récupérer ainsi une partie de leurs biens. La valeur de la caravane s’élevait à quelque cinquante mille dinars en pièces d’or et comptait mille dromadaires. Trois cents et quelques hommes partirent en toute hâte avec lui : quatre-vingt-six Muhâjirûn — Musulmans mecquois émigrés à Médine —, et le reste de Ansâr — Musulmans médinois —, dont soixante-et-un de la tribu des Aws et cent soixante-dix de la tribu des Khazraj. La petite troupe ne comptait que deux chevaux et soixante-dix dromadaires, deux ou trois hommes se relayant sur chaque monture. Le Prophète demanda au malvoyant Ibn Umm Maktûm d’assurer l’intérim au poste de dirigeant de Médine et d’imam à la mosquée en son absence.

Lorsqu’il arriva au lieu-dit Ar-Rawhâ’, il confia à Mus`ab Ibn `Umayr l’étendard de l’armée musulmane, à `Alî Ibn Abî Tâlib la bannière des Muhâjirûn et à Sa`d Ibn Mu`âdh celle des Ansâr. Puis il envoya Basbas Ibn `Amr Al-Juhanî et `Adiyy Ibn Abî Az-Zaghbâ’ en tant qu’éclaireurs pour récolter des informations de la caravane, alors qu’elle approchait de la localité de Badr.

Abû Sufyân donne l’alerte

Entretemps, Abû Sufyân apprit que le Prophète était sorti à la tête d’une armée et qu’il marchait sur la caravane qu’il avait la responsabilité de ramener jusqu’à La Mecque. Il envoya donc Damdam Ibn `Amr Al-Ghifârî à La Mecque donner l’alerte aux Qurayshites, afin qu’ils accourent défendre leurs biens. Rapidement, les polythéistes levèrent une armée dans laquelle tous les clans qurayshites étaient représentés, à l’exception des Banû `Adiyy.

Le dévouement des Compagnons

Lorsque le Messager de Dieu apprit la nouvelle, il demanda conseil à ses Compagnons sur la décision à prendre face à la tournure que prenaient les événements. Ils étaient en effet sortis intercepter une caravane marchande, et voici qu’ils auraient probablement à faire face à l’armée la plus puissante d’Arabie. Certains Compagnons étaient d’avis de ne pas combattre, le déséquilibre des forces étant trop manifeste, l’armée musulmane n’étant pas suffisamment préparée pour tenir tête à Quraysh. L’un d’eux dit notamment : « Ô Messager de Dieu, c’est Quraysh la perfide ! Par Dieu, elle n’a jamais été vaincue depuis qu’elle est une puissance ; et elle n’a jamais cru en Dieu depuis qu’elle L’a renié. Par Dieu, pour rien au monde, elle n’abandonnera sa puissance. Elle te combattra. Prépare-toi donc soigneusement et prends toutes les dispositions qui s’imposent. » Pour leur part, les Muhâjirûn déclarèrent qu’ils étaient avec lui quoiqu’il arrive. Mais le Prophète attendait surtout la réaction des Ansâr qui l’avaient accueilli dans leur cité et qui avaient prêté serment de le défendre envers et contre tout s’il était attaqué. Sa`d Ibn Mu`âdh prit alors la parole et dit : « Ô Messager de Dieu ! Tu penses peut-être que les Ansâr considèrent qu’ils ne doivent te porter secours que sur leurs terres. Au nom des Ansâr, je te dis d’aller où tu veux, de t’allier à qui tu veux, de rompre les liens de qui tu veux, de prendre de nos biens ce que tu veux et de nous laisser ce que tu veux. Ce que tu nous prendras aura plus de valeur à nos yeux que ce que tu nous laisseras. Quoique tu ordonnes, nous le ferons. Par Dieu, dusses-tu aller jusqu’à Birk [1], nous te suivrons ; dusses-tu traverser cette mer [2], nous la traverserons avec toi. »

Al-Miqdâd déclara quant à lui : « Nous ne te dirons pas ce qu’a dit le peuple de Moïse à Moïse : "Va donc, toi et ton Seigneur, et combattez tous deux. Nous restons là où nous sommes" [3]. Nous, nous combattrons à ta droite et à ta gauche, devant toi et derrière toi. »

Après avoir entendu ces déclarations de dévouement, le Messager de Dieu donna l’ordre d’aller jusqu’aux puits de Badr.

La défection des Banû Zuhrah

Pendant ce temps, Abû Sufyân manœuvrait la caravane pour échapper à l’armée du Prophète. Pour ce faire, il emprunta une route longeant la côte de la Mer Rouge. Voyant qu’il était désormais hors de danger, il écrivit à Quraysh qu’ils pouvaient rentrer à La Mecque et que la raison pour laquelle ils avaient levé une armée n’avait plus lieu d’être. La lettre parvint aux polythéistes alors qu’ils étaient à Juhfah. Alors qu’ils se préparaient à faire demi-tour, Abû Jahl, le chef des Banû Makhzûm, déclara : « Par Dieu, nous ne rentrerons pas avant d’avoir été jusqu’à Badr. Nous y camperons, et nous offrirons l’hospitalité aux Arabes qui viendront chez nous. Ainsi, les Arabes nous craindront à l’avenir. » Al-Akhnas Ibn Shurayq, chef des Banû Zuhrah, était quant à lui d’avis qu’il valait mieux rentrer. Peu écouté, il rentra seul avec les hommes de son clan, abandonnant l’armée qurayshite. Au vu des événements ultérieurs, cette décision d’Al-Akhnas lui valut un grand prestige auprès des siens. Le clan du Prophète, les Banû Hâshim, voulut également rentrer mais Abû Jahl pesa de tout le poids que lui conférait son statut de chef pour les en dissuader.

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Le champ de bataille de Badr aujourd’hui

Le champ de bataille

Lorsque l’armée musulmane atteignit le premier puits de Badr, le Prophète demanda : « Où allons-nous camper ? », ce à quoi Al-Hubâb Ibn Al-Mundhir répondit : « Ô Messager de Dieu ! Je connais cet endroit ainsi que ses puits. Si tu veux, nous pourrions nous rendre à un puits que nous connaissons, à l’eau abondante et douce. Nous y précéderons ainsi nos ennemis et nous boucherons les autres puits. »

Les polythéistes se dépêchaient en effet pour pouvoir se ravitailler en eau. Le Prophète envoya donc `Alî, Sa`d et Az-Zubayr à Badr pour guetter les mouvements ennemis. Lorsqu’ils revinrent dans l’armée, ils ramenèrent avec eux deux esclaves de Quraysh qu’ils avaient arrêtés durant leur mission. Interrogés par les Compagnons du Prophète, ils affirmèrent être en charge du ravitaillement en eau de l’armée mecquoise. Le Prophète leur demanda : « Dites-moi où est Quraysh. » — Derrière cette dune, répondirent-ils. — Combien sont-ils ? — Nous l’ignorons. — Combien égorgent-ils de dromadaires chaque jour ? — Neuf ou dix, c’est selon. — Ils sont donc entre neuf cents et mille hommes, conclut le Messager de Dieu. Ce soir-là, il plut une averse. Du côté des polythéistes, ce fut un déluge qui les empêcha d’avancer, tandis que du côté des Musulmans, ce fut une pluie fine qui les purifia et les lava de toute souillure, qui aplanit le terrain et le raffermit sous leurs pas. Le Messager de Dieu et ses Compagnons arrivèrent au puits indiqué par Al-Hubâb au milieu de la nuit. Ils y installèrent leur campement et bouchèrent les autres puits de Badr. Le Prophète eut droit à une tente située au sommet d’une colline surplombant le champ de bataille, depuis laquelle il pourrait superviser les opérations.

Au petit matin, lorsque l’armée mecquoise apparut et que les deux armées furent en vue, le Prophète invoqua Dieu : « Seigneur, voici Quraysh ! Ils sont venus pétris d’arrogance et d’orgueil. Ils sont venus Te narguer et traiter Ton Messager d’imposteur. Seigneur, j’implore Ton Alliance et Ta Promesse. » Abû Bakr As-Siddîq s’approcha de lui et dit : « Ô Messager de Dieu, rassure-toi ! Par Celui Qui détient mon âme dans Sa Main, Dieu accomplira la Promesse qu’Il t’a faite. »

Les Anges viennent soutenir les Musulmans

À l’instar de leur Prophète, les croyants implorèrent le Secours divin. Dieu révéla alors aux Anges : « Je suis avec vous : soutenez donc les croyants. Je vais jeter l’effroi dans les cœurs des mécréants. » [4], puis Il révéla à Son Messager que mille Anges descendraient en renforts pour combattre à ses côtés.

Rassuré, le Prophète passa la nuit à prier et à invoquer son Seigneur sous le tronc d’un arbre. C’était la nuit du vendredi 17 Ramadân de l’an 2 de l’Hégire.

Au petit matin, les deux armées se mirent en rang et se faisaient face.

Le plan de la bataille de Badr

Les duels

`Utbah Ibn Rabî`ah, un chef de clan qurayshite, son frère Shaybah Ibn Rabî`ah et son fils Al-Walîd Ibn `Utbah sortirent des rangs de l’armée mecquoise et demandèrent un duel contre trois Musulmans. La pratique du duel qui précédait l’affrontement général était en effet une coutume chez les guerriers arabes. Des rangs de l’armée musulmane, sortirent trois Médinois, `Abd Allâh Ibn Rawâhah, `Awf Ibn `Afrâ’ et son frère Mu`awwidh Ibn `Afrâ’. Les trois Mecquois leur demandèrent : « Qui êtes-vous ? — Des Ansâr, répondirent les Médinois. — Vous êtes des gens de valeur et d’honneur, mais nous préférons avoir ce duel avec nos cousins, répondirent les Mecquois. » Sortirent alors trois Mecquois de l’armée musulmane, `Alî Ibn Abî Tâlib, gendre du Prophète, `Ubaydah Ibn Al-Hârith et Hamzah Ibn `Abd Al-Muttalib, oncle du Prophète.

`Alî vint rapidement à bout de son adversaire direct Al-Walîd, tandis que Hamzah terrassait `Utbah. Quant au troisième duel entre `Ubaydah et Shaybah, il se conclut par une frappe croisée, où les deux combattants se blessèrent mutuellement. Shaybah fut néanmoins tué grâce à l’intervention de Hamzah. Gravement touché, `Ubaydah eut la jambe coupée et il n’allait pas survivre longtemps.

Après cette entrée en matière sanglante, la bataille fit rage. Les épées s’entrechoquaient et les corps tombaient, tandis que le Prophète, à la tête de son armée, continuait à prier et à invoquer Dieu pour qu’Il leur accorde la victoire, jusqu’à ce que sa requête soit enfin exaucée. Les Musulmans venaient de vaincre la première puissance arabe, tuant soixante-dix polythéistes et en capturant autant. Les pertes musulmanes s’élevaient quant à elles à quatorze hommes : six Muhâjirûn, six Khazrajites et deux Awsites. Les principaux chefs qurayshites périrent, avec à leur tête Abû Jahl et Umayyah Ibn Khalaf. Ainsi, la petite troupe croyante de trois cents et quelques hommes, entièrement remise à Dieu, avait battu une armée trois fois plus nombreuse, enorgueillie par son nombre et ses moyens matériels.

Épilogue

Lorsque la bataille s’acheva, les corps des polythéistes tués furent enterrés dans une fosse commune. Le Prophète se présenta devant eux et leur parla : « Tribu ingrate envers votre Prophète ! Vous me traitiez d’imposteur alors que d’autres gens croyaient en moi. Vous m’avez abandonné alors que d’autres gens m’ont porté secours. Vous m’avez chassé alors que d’autre gens m’ont accueilli chez eux. Ô `Utbah Ibn Rabî`ah ! Ô Shaybah Ibn Rabî`ah ! Reconnaissez-vous désormais que la Promesse de votre Seigneur est véridique ? Car moi, je reconnais que la Promesse de mon Seigneur est véridique. » `Umar Ibn Al-Khattâb demanda alors au Prophète : « Ô Messager de Dieu, pourquoi parles-tu à des hommes morts ? — Par Celui Qui détient mon âme dans Sa Main, déclara le Prophète, vous ne m’entendez pas mieux qu’eux, bien qu’ils soient incapables de répondre. »

Trois jours plus tard, l’armée musulmane leva le camp et se prépara à rentrer à Médine, couronnée de succès. Sur le chemin du retour, le Prophète partagea le butin entre les soldats et fit exécuter An-Nadr Ibn Al-Hârith et `Uqbah Ibn Abî Mu`ayt qui s’étaient rendus coupables du meurtre et de la persécution de plusieurs Musulmans avant l’Hégire.

Ainsi s’achevait la première et la plus grande bataille de l’histoire de l’Islam. Son importance réside dans le fait qu’elle fut l’expression la plus aboutie du combat éternel que se livrent le bien et le mal : le bien et toutes les valeurs nobles qui s’y rattachent, défendus par le Prophète et ses fidèles croyants contre un mal organisé autour de la vanité, de l’orgueil et de l’égoïsme, défendu par les suppôts de l’idolâtrie et de l’absurdité humaine. Par ailleurs, cette bataille fit prendre conscience à tous, Musulmans et païens, que l’Islam était devenu une force qui compte dans l’Arabie du VIIe siècle.

Sources : Annabaa.org, Islam4u.com et l’ouvrage de l’Imâm Shams Ad-Dîn Ibn Qayyim Al-Jawziyyah, Zâd Al-Ma`âd fî Hady Khayr Al-`Ibâd (Les Provisions du Retour in La guidance de la meilleure des créatures), disponible en ligne sur le site Al-Islam.com.

Notes

[1] Birk est une vallée située à environ 600 km au sud de La Mecque, sur les côtes de la Mer Rouge.

[2] La Mer Rouge.

[3] Sourate 5, Al-Mâ’idah, La Table servie, verset 24.

[4] Sourate 8, Al-Anfâl, Le Butin, verset 12.

Source : islamophile.org

Par Oussama - Publié dans : Séries
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Mardi 28 novembre 2006 2 28 /11 /2006 14:28
La Mosquée-Université d’Al-Azhar s’élève depuis 969 E.C. comme un phare des sciences islamiques. Foyer de savoir millénaire, Al-Azhar est l’université la plus ancienne au monde à rayonner depuis plus de dix siècles. L’histoire d’Al-Azhar retrace l’histoire du monde musulman à partir du Xe siècle, mais aussi la vie d’éminents savants qui ont considérablement enrichi nos bibliothèques. Depuis le XIVe siècle, Al-Azhar devint le centre intellectuel musulman le plus important. C’est l’histoire passionante de cette université et mosquée que vous découvrirez dans cette section.
 

Tour d’Horizon d’Al-Azhar Ash-Sharîf

Construction de la Mosquée

Lorsque le commandant des troupes Fatimides, Jawhar As-Siqqilî, fut envoyé par le Calife Al-Mu`izz Lidînillâh pour conquérir l’Egypte, il entreprit la construction du Caire et y fonda la mosquée d’Al-Azhar en 358 A.H., 969 E.C. La construction de la mosquée s’étendit sur deux ans. La mosquée d’Al-Azhar ouvrit ses portes pour la première fois le 7 Ramadan 361 A.H., 22 juin 972 E.C. Depuis cette date, la mosquée d’Al-Azhar devint parmi les plus célèbres dans le monde musulman et l’université la plus ancienne au monde. Les historiens divergent quant à la raison de son appellation. Certains pensent que le nom Al-Azhar, littéralement « le plus florissant », fait référence aux magnifiques palais florissants qui entouraient la mosquée à cette époque, dans la ville du Caire en plein construction et développement. Certains prétendent que la mosquée fut appelée ainsi, en prévision du statut florissant qu’elle allait avoir grâce aux études islamiques qu’elle accueillait. Enfin, et c’est l’opinion la plus célèbre, le mot Al-Azhar renvoie à As-Sayyidah Fatimah Az-Zahrâ’, la fille bénie du prophète Muhammad - paix et bénédiction de Dieu sur lui, sa descendance et ses compagnons. Cette dernière opinion semble être la plus valable en ce sens que les Fatimides eux-mêmes tenaient leur nom de la fille du prophète - paix et bénédictions sur lui-, As-Sayyidah Fatimah Az-Zahrâ’.

L’histoire du rayonnement de la mosquée d’Al-Azhar

Trois ans et demi après sa construction, Al-Azhar commença à jouer son rôle dans la diffusion et l’enseignement des sciences islamiques. Ce fut pendant le mois de Ramadan 365 A.H. (octobre 975 E.C.), sous le règne d’Al-Mu`izz, que le Grand juge d’Egypte, Abû Al-Hasan `Ali Ibn Al-Nu`mân Al-Qayrawânî, s’assit dans la cour de la moquée d’Al-Azhar pour enseigner « Al-Ikhtisâr » (L’Abrégé), un livre de jurisprudence chiite rédigé par son père An-Nu`mân. Cette séance de jurisprudence eut lieu devant une grande audience. Abû Al-Hasan fut le premier à recevoir le titre de Chef de la Justice. Ce cours dispensé par Abû Al-Hasan donna le feu de départ à l’enseignement à la mosquée. Même si ces séances avaient pour fin l’enseignement des sciences islamiques, elles prenaient parfois des teintes politiques. Au début du règne d’Al-`Azîz Billâh, Al-Azhar connu d’importants progrès dans le sens de l’enseignement académique. Le ministre Yacqûb Ibn Kalas, sous Al-Mu`izz puis Al-`Azîz, enseigna son livre de jurisprudence chiite intitulé « Ar-Risâlah Al-`Azîziyyah ». Afin d’améliorer l’éducation à Al-Azhar, il embaucha plus de trente sept savants et juristes. Il leur donna un salaire mensuel et leur construisit des logements près d’Al-Azhar. En plus de l’enseignement théorique et académique, des séances d’éducation morale et religieuse étaient dispensées pour les femmes. Dès sa naissance, l’enseignement à Al-Azhar eut un caractère éminemment académique, avec des discussions et débats libres entre savants. Aussi, l’enseignement à Al-Azhar mit en place l’accueil de professeurs visiteurs. C’est ainsi qu’Al-Azhar réunit les caractéristiques du système académique universitaire et devint incontestablement la plus ancienne université islamique du monde.

Au fil du temps, l’enseignement s’est enrichi, les cours se sont diversifiés en incluant l’enseignement des quatre écoles de jurisprudence et l’enseignement de la littérature et langue arabe. La réputation d’Al-Azhar n’a cessé de croître et la tendance chiite s’est éclipsée au profit de la tendance sunnite dont Al-Azhar devint le centre le plus rayonnant.

Sous le règne des Mamluks, entre 648 et 922 A.H. (1250-1517 E.C.), Al-Azhar agrandit ses activités et assuma de nouvelles responsabilités envers le monde musulman. A cause des attaques des Mongols en Asie centrale et le déclin du gouvernement musulman en Andalousie, de nombreux savants ont cherché refuge dans Al-Azhar qui leur ouvrit grand ses portes. L’arrivée de ces savants a contribué indubitablement à l’enrichissement de l’enseignement à Al-Azhar qui connut alors son âge d’or au 8e et 9e siècle A.H. (14e et 15e siècle E.C.). Il est à souligner qu’Al-Azhar joua un rôle important dans le développement de certaines sciences non religieuses. En effet, certains savants étudiaient aussi des sciences comme la médecine, les mathématiques, l’astronomie, la géographie et l’histoire.

Sous l’empire Ottoman, Al-Azhar fut financièrement dépendant des Waqfs (donnations islamiques). Les savants avaient la liberté de choisir les disciplines et les ouvrages qu’ils souhaitaient enseigner. Ainsi, Al-Azhar devint le foyer de sciences islamiques le plus brillant, fort de son identité libre et son indépendance intellectuelle. Cette réputation d’Al-Azhar attira de nombreux savants et étudiants musulmans venant des quatre coins du globe.

Al-Azhar joua un rôle prépondérant dans la lutte contre la campagne militaire de Bonaparte en juillet 1789. Lieu de rencontre des savants et intellectuels pour combattre l’occupation française, Al-Azhar devint le siège de la révolution. Un comité révolutionnaire fut constitué sous la direction de Sheikh Muhammad As-Sadât. Lorsque la révolution éclata, la mosquée d’Al-Azhar fut attaquée par les soldats français qui ont pénétré la mosquée à dos de cheval… Des manuscrits uniques de la bibliothèque d’Al-Azhar furent détruits et l’événement resta gravé dans la mémoire égyptienne. Dans cette situation explosive, le Grand Imâm d’Al-Azhar et les savants jugèrent impossible de poursuivre les cours. Dans sa longue histoire, c’est l’unique fois où Al-Azhar ferma ses portes. Après trois de révolte, le pays retrouva sa liberté et Al-Azhar reprit ses activités.

Sous le règne du Khédive Ismâ`îl, en 1822 le système éducatif fut réglementé et le programme enseigné fut établi avec précision pour chaque étape. Le plus haut diplôme délivré alors par Al-Azhar s’appelait Al-cÂlamiyyah. Il équivaut aujourd’hui à un doctorat et accordait à son détenteur un profond respect. D’autres lois vinrent s’ajouter au règlement d’Al-Azhar et notamment celle de 1950 qui divisa le système éducatif d’Al-Azhar en trois Facultés : Ash-Sharî`ah (jurisprudence islamique), Usûl Ad-Dîn (Fondements de la Religion, Théologie) et Langue Arabe.

En 1961, à côté de son enseignement séculaire des sciences islamiques, Al-Azhar ouvrit des Facultés techniques et pratiques pour enseigner la Médecine, les sciences de l’Ingénieur, l’Agriculture et autres. Cet élargissement de l’enseignement avait pour finalité de permettre à Al-Azhar de rayonner non seulement dans les sciences religieuses mais également dans des disciplines scientifiques.

Depuis 10 siècles, Al-Azhar se dresse comme une citadelle de l’Islam.

Par Oussama - Publié dans : Séries
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Mardi 28 novembre 2006 2 28 /11 /2006 14:32

Au VIIIe siècle E.C., l’Egypte, tout comme la majeure partie du monde musulman, était sous le règne du califat Abbasside. Cette époque fut marquée par le déclin de cette dynastie : le pouvoir réel était entre les mains des princes des différentes provinces au détriment du calife. Parmi les familles princières célèbres figuraient à l’époque les Ikhshidides en Egypte et les Aghlabides en Afrique du Nord (Algérie et Tunisie). La majorité des musulmans sous l’empire Abasside était de tendance sunnite. Il existait cependant d’autres tendances : des chiites duodécimains en Iraq et dans certaines régions persanes, des chiites zaydites au Nord de la Perse et au Yémen et des kharijites dispersés en Arabie, Iraq et l’Afrique du Nord.

La scène politique était animée par les conflits entre sectes et mouvements. Afin de se parer d’une certaine légitimité aux yeux des masses, la plupart de ces mouvements prétendaient descendre en ligne directe de la famille du prophète - paix et bénédiction de Dieu sur lui. Les Ismaéliens prétendaient descendre de l’Imâm Ismâ`îl Ibn Ja`far As-Sâdiq (7e imâm), un descendant direct de l’Imâm `Alî et de la fille du prophète - paix et bénédictions sur lui-, As-Sayyidah Fatimah Az-Zahrâ’. Il va sans dire que les ismaéliens étaient opposés aux sunnites et aux chiites duodécimains. D’ailleurs, aux yeux de ces derniers, les ismaéliens n’étaient que des usurpateurs et des hérétiques.

L’action d’Abû `Abd Allah Ash-Shî`î, un fonctionnaire califal adhérant à l’ismaélisme, eut un rôle essentiel dans l’expansion du mouvement dans les pays du Maghreb. En 892 E.C., alors qu’il accomplissait le pèlerinage, Abû `Abd Allah rencontra des pèlerins berbères de la tribu de kutâmah. Il les appela en bon prêcheur à l’ismaélisme et retourna s’installer avec eux en petite Kabylie, à Tazrut. A cette époque, un autre ismaélien, `Ubayd Allah Sa`îd, se heurtait au pouvoir abbasside en Syrie dans la ville de Salâmiyyah. Il décida de fuir la Syrie et de s’installer au Maghreb où son confrère Abû `Abd Allah lui avait préparé le terrain en annonçant l’apparition du Calife Attendu Al-Mahdî [1] en Syrie... Présenté comme le Calife attendu, `Ubayd Allah fut accueilli à bras ouverts au Maghreb.

`Ubayd Allah fut proclamé calife à kutâmah. Il commença par éliminer Abû cAbd Allah, celui qui le fit calife ! Peu de temps après, il conquit tout le Maghreb, la Lybie incluse, et construisit au sud de Tunis, la ville d’Al-Mahdiyyah qui devint la capitale de son pouvoir.

Prétendant à une lignée prestigieuse qui remonte à la fille du prophète, `Ubayd Allah se qualifia de Fâtimî et son califat initia la Dysnastie des Fâtimiyyûn, i.e. « fatimides ». Il convient de souligner que les fatimides gouvernaient des peuples à tendance sunnite.

La conquête de l’Egypte par les Fatimides

A l’est de la frontière de l’Empire fatimide naissant se trouvait l’Egypte, sous le califat abbasside siégeant à Baghdâd. L’Egypte comptait alors majoritairement des musulmans de tendance sunnite, suivant principalement en matière de jurisprudence l’école shafiite. Des chrétiens coptes et une petite communauté juive y vivaient également.

Les Fatimides espéraient s’emparer de la vallée du Nil pour faire de l’Egypte leur province principale. Déjà sous le fondateur de la dynastie fatimide, `Ubayd Allah, quatre tentatives de conquête de l’Egypte, gouvernée par un souverain ikhshîdide puissant, échouèrent en 913, 919, 933 et 936.

Suite à la mort de Kâfûr, le dernier souverain ikhshidide, l’Egypte connut une situation instable, voire chaotique sur le plan politique. Les Fatimides profitèrent de cette opportunité. Le quatrième calife fatimide, Al-Mu`izz Lidînillâh, compta sur l’habileté de son général sicilien Jawhar As-Siqillî pour conquérir l’Egypte en 969. L’armée de Jawhar entra en Egypte sans résistance et l’empire abbasside reçut un coup fatal. Les Abbassides venaient de perdre pour toujours le plus beau fleuron de leur empire, Al-Fustât, capitale d’Egypte.

Dès son arrivée en Egypte, Jawhar entama la construction d’une nouvelle capitale, Al-Mansûriyyah, au nord d’al-Fustât. Lorsque Al-Mu`izz vint en Egypte, il décida d’appeler la capitale Al-Qâhirah (i.e. "La Victorieuse", actuel Caire) plutôt qu’Al-Mansûriyyah.

Al-Mu`izz envoya au Caire tous ses ministres, l’élite fatimide et un grand nombre de ses soldats. Les égyptiens étaient méfiants quant aux croyances hérétiques des nouveaux souverains. Ils furent assez soulagés lorsque, dans son premier discours, Jawhar garantit la liberté des croyances. Cette politique ne dura pas longtemps. Des rumeurs niant la lignée prestigieuse du calife se répandirent en Egypte et parvinrent inévitablement à Al-Mu`izz. Afin d’intimider les sceptiques et mettre fin aux rumeurs, on rapporte qu’Al-Mu`izz dit : « Quiconque veut connaître mes ancêtres, les voici ! », et il brandit son épée, et montrant quelques bijoux il rajouta : « Et voilà mes parents ! ».

Les forces fatimides poussèrent plus loin les limites de leur empire en conquérant la Palestine, le Sud de la Syrie et l’Ouest de l’Arabie. Ce fut l’expansion maximale de l’empire qui au fur à mesure de son déclin perdit des provinces.

Naissance d’Al-Azhar

Lorsque Jawhar As-Siqillî posa la première pierre de la nouvelle capitale, Al-Qâhirah, il prévit la construction d’une grande mosquée où serait célébrée la prière sous le règne de son maître Al-Mu`izz. Cette mosquée fut d’abord appelée Jâmi` Al-Qâhirah (La Mosquée du Caire). Elle avait un seul minaret et occupait la moitié de l’espace qu’elle occupe aujourd’hui.

La date à laquelle la Mosquée du Caire fut nommée al-Jâmi` Al-Azhar [littéralement "Le plus Florissant"] est inconnue. Les historiens ne s’accordent pas sur la raison de cette appellation. Certains pensent que son nom fait référence à la fille du prophète Muhammad - paix et bénédictions sur lui -, As-Sayyidah Fâtimah Az-Zahrâ’ [Fâtimah « la plus florissante »]. D’autres soutiennent que la Mosquée étant entourée de nombreux palais appelés, Al-Qusûr Az-Zâhirah [les palais florissants], la Mosquée devint La Mosquée Al-Azhar.

Depuis sa construction, Al-Azhar devint la mosquée officielle pour la prière du vendredi. Les habitants des villes à proximité du Caire, comme Misr [fusion des villes d’Al-`Askar et Al-Fustât] et Al-Qatai’ se dirigeaient tous les vendredi vers Al-Azhar pour écouter le sermon du vendredi (Al-Khutbah), donné par le Calife fatimide, et accomplir la prière en congrégation.

L’appel à la prière (Adhân) et le sermon (Khutbah) suivirent le modèle chiite sous le règne des Fatimides. La mosquée Al-Azhar fut la mosquée fatimide officielle pendant quarante ans, puis elle fut supplantée par une nouvelle mosquée Jâmi` Al-Hâkim (La Mosquée d’Al-Hâkim) construite par le Calife Fatimide Al-Hâkim bi Amrillâh.

Certaines célébrations, comme la célébration du mawlid (la naissance du prophète), se déroulaient à Al-Azhar.

Al-Azhar devint une université

Dès la construction d’Al-Azhar, Al-Mu`izz demanda à son ami `Ali Ibn An-Nu`mân de faire une halaqah [séance d’enseignement où l’audience forme un cercle] de jurisprudence chiite. `Ali Ibn An-Nu`mân était un maghrébin de tendance chiite-ismaélite, à l’image d’Al-Mu`izz. Il basa sa halaqah sur l’enseignement d’Al-Ikhtisâr, un ouvrage de jurisprudence chiite que son père, An-Nu`mân, avait rédigé. Cette halaqah commença en 975, soit trois ans après l’ouverture de la Mosquée Al-Azhar.

Cette halaqah fut suivie par d’autres, dispensées par les frères de `Ali Ibn An-Nu`mân. Ainsi, la famille An-Nu`mân constitua l’élite intellectuelle des fatimides et les premiers enseignants d’Al-Azhar.

En 998, Al-Azhar devint une université islamique à proprement parler. Le calife fatimide Al-`Azîz Billâh approuva un projet visant à organiser l’enseignement d’Al-Azhar ; projet soumis par le ministre Ya`qûb Ibn Kilis. Ibn Kilis jugea nécessaire d’avoir un enseignement régulier assuré par des enseignants qu’il aura personnellement sélectionnés au préalable. Ces derniers recevraient leur salaire par le gouvernement fatimide. Ainsi, le ministre Ibn Kilis forma le noyau du système éducatif d’Al-Azhar.

L’éducation à Al-Azhar incluait la jurisprudence chiite-ismaélite, la grammaire arabe la littérature et l’histoire. L’historien Al-Maqrîzî affirme que l’enseignement à Al-Azhar était tellement sectaire à sa naissance que la possession d’un ouvrage rédigé par un savant sunnite était sévèrement punie. Le climat devint plus détendu lorsque les fatimides construisirent une nouvelle mosquée dont la madrasah [école ou centre d’enseignement interne à une mosquée] devint le centre majeur d’enseignement des croyances chiites-ismaélites. Cette madrasah s’appela Dâr Al-Hikmah [La Maison de Sagesse].

Al-Azhar et Dâr Al-Hikmah

En 1005 E.C., le 6éme calife fatimide, Al-Hâkim bi Amrillâh, ordonna de construire une mosquée. La mosquée porta son nom, mosquée Al-Hâkim, et son école, Dâr Al-Hikmah fut chargée de propager les croyances chiites-ismaélites.

Alors que l’enseignement était public à Al-Azhar, il était destiné à Dâr Al-Hikmah à des étudiants spécialement sélectionnés pour recevoir les croyances propres à la secte ismaélite. Cela dit, le système éducatif de Dâr Al-Hikmah présenta un large éventail de disciplines incluant la langue arabe, la philosophie, l’astronomie, les mathématiques, et la médecine.

Avec l’apparition de Dâr Al-Hikmah l’esprit sectaire de l’enseignement à Al-Azhar s’estompa progressivement. Les ouvrages non ismaélites furent de plus en plus tolérés. De plus, l’influence ismaélite à Al-Azhar se limita à certains cours de jurisprudence chiite. Pour les autres croyances chiites-ismaélites, Dâr Al-Hikmah avait pris le relais.

Les enseignements extrémistes, secrètement dispensés à l’origine à Dâr Al-Hikmah, commencèrent à sortir dans la rue au Caire et leur caractère « missionnaire » fut dévoilé. Les habitants du Caire se révoltèrent et les Fatimides durent fermer l’école. Elle rouvrit ses portes, mais cette fois sans cours secrets.

Au cours des quelques années où Dâr Al-Hikmah devint le premier centre d’éducation fatimide, plusieurs figures éminentes vinrent en Egypte pour étudier. Le poète et voyageur perse Naser-i-Khusru étudia à Dâr Al-Hikmah ainsi que Hasan-i-Sabbah le fondateur de la confrérie des Hashashin en Perse.

Les savants de la Mosquée Al-Azhar sous les Fatimides

Bien que la famille An-Nu`mân veilla à l’enseignement de la jurisprudence chiite-ismaélite à Al-Azhar, de brillants savants sunnites y enseignèrent notamment après le transfert de la majeure partie de l’enseignement chiite à Dâr Al-Hikmah. Citons les grammairiens al-Hûfî, Ibn-Barakât et Ibn Babshad, le savant du Hadîth Abû `Abd Allah Al-Qudâ’i et l’Imâm des Qira’ât (lectionnaire), Ahmad Ibn Hâshim Al-Misrî.

Financement d’Al-Azhar

Après sa construction, Al-Azhar fut directement financé par les califes fatimides. Par ailleurs, des Egyptiens aisés participaient à son financement en lui léguant une part de leur fortune ou propriétés privées.

RERERENCES

  • Muhammad Abd-Allah `Inan, 1958, Tarikh al-Jami` al-Azhar (L’histoire de la mosquée Al-Azhar).
  • Saniya Qura’a, 1968, Tarikh al-Azhar fî Alf `Âm (L’histoire d’Al-Azhar en mille ans).
  • `Abd al-`Aziz al-Shinnâwî, 1983, al-Azhar Jami`an wa Jami`atan(Al-Azhar, une mosquée-université).

Notes

[1] Le Calife Al-Mahdî, le Calife attendu : annoncé dans la tradition musulmane comme descendant du Prophète et venant à la fin des temps rétablir la justice. Les Ismaéliens considérant le pouvoir sunnite comme illégitime car son détenteur ne descend pas de la lignée du Prophète. A leurs yeux, le dernier Imâm légitime de la communauté musulmane, descendant de l’Imâm `Alî et Fâtimah (la fille du prophète), était Ismâ`îl mort en 765 E.C. Son fils Muhammad, disparu, fut considéré par les Ismaéliens comme l’Imâm caché et identifié à al-Mahdî devant réapparaître à la fin des temps.

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Mercredi 29 novembre 2006 3 29 /11 /2006 13:37

A l’époque des Ayyoubides

Le déclin des Fatimides

Les Fatimides gouvernèrent l’Egypte pendant deux cents ans. Malgré l’appartenance des Fatimides à la secte chiite-ismaélite, le peuple Egyptien resta fidèle à la tendance sunnite, enseignée dans des anciennes mosquées comme Jâmi` `Amr Ibn Al-`Âs. Cette différence de tendance entre gouverneurs et gouvernés n’était pas sans occasionner des problèmes.

De plus, les Fatimides devaient faire face à des menaces externes croissantes. Des révoltes au Maghreb mirent fin à leur domination dans cette région. Ils perdirent également leurs provinces de l’Est, comme la Palestine, la Syrie et le Hijâz, désormais sous le contrôle turc, combattant pour le califat abbasside.

Au 11e siècle, des menaces de l’Europe surgirent. Les Croisés Francs avaient les yeux rivés sur des parties de l’empire fatimide agonisant. En 1095, Jérusalem fut envahie par les Croisés et bientôt toute la Palestine, ouverture stratégique sur la Syrie, la Haute Mésopotamie et l’Egypte. Les Fatimides étaient désormais incapables de défendre leur empire.

Trente ans après la prise de Jérusalem, le gouverneur de Moussoul, Zangui, fonda la dynastie zanguide dans la Syrie et le Liban actuels. Il se lança dans la lutte contre les Francs. Il reprit en 1144 Edesse, la capitale de l’un des royaumes francs existants depuis 1099. A sa mort, son fils Nûr Ad-Dîn Mahmûd lui succèda. Guerrier exceptionnel, musulman sunnite, Nûr Ad-Dîn [ littéralement "La lumière de la Religion"] poursuivit farouchement les efforts de son père. Il libéra les forteresses franques au Nord de la Syrie. Les royaumes francs d’Edesse et d’Antioche tombèrent. La justice avec laquelle Nûr Ad-Dîn administra la Syrie fut légendaire.

Voyant que le roi chrétien de Jérusalem, Armaury Ier, avait des vues sur l’Egypte, Nûr Ad-Dîn anticipa en envoyant son armée dans les terres Egyptiennes sous le commandement de deux grands guerriers kurdes : Asad Ad-Dîn Shirkûh et Salâh Ad-Dîn Al-Ayyûbi (i.e. « Saladin » en occident). L’expédition de l’armée Syrienne en Egypte fut un grand succès pour Nûr Ad-Dîn. Les Croisés furent chassés, leurs collaborateurs parmi les fatimides également. Salâh Ad-Dîn [littéralement : "la droiture de la religion"] devint le grand vizir d’Egypte.

Avec la mort du dernier calife fatimide, Salâh Ad-Dîn instaura la dynastie des Ayyûbides où il rétablit le sunnisme.

Salâh Ad-Dîn Al-Ayyûbî (Saladin)

Salâh Ad-Dîn naquit dans une famille kurde en 1138 à Takrît, en Iraq. Musulman sunnite, il rêvait de la libération des territoires musulmans envahis par les Croisés. Il réalisa son rêve et fut glorifié par l’histoire. Les Egyptiens ont gardé leur tendance sunnite pendant le règne fatimide qui dura deux siècles. Cependant, de nombreuses habitudes fatimides avaient fini par déteindre sur la vie religieuse populaire du pays. Salâh Ad-Dîn commença par éradiquer toute influence fatimide sur la rue égyptienne. Il fit appel aux savants musulmans sunnites égyptiens, autrefois contraints à faire profil bas sous la dynastie fatimide. Il rétablit donc le sunnisme et après la mort de Nûr Ad-Dîn Mahmûd, les princes syriens lui prêtèrent allégeance. Il devint alors le Sultan d’Egypte et de Syrie qu’il rattacha au califat abbasside.

Les Fatimides restants se sont révoltés contre lui et réunirent leurs forces en Haute-Egypte. Dirigée par son frère Al-`Âdil [Le Juste], l’armée écrasa la révolte.

Comme Al-Azhar était la mosquée officielle des Fatimides et un centre d’enseignement chiite, Salâh Ad-Dîn y arrêta la prière du vendredi ainsi que les cours chiites autrefois dispensés dans les halaqahs. Toutefois, il approuva l’enseignement des quatre écoles de jurisprudence sunnites à Al-Azhar.

La seconde priorité pour Salâh Ad-Dîn fut de reconquérir les Lieux Saints (Jérusalem). Son armée était essentiellement composée d’Egyptiens, de Syriens, et un certain nombre de généraux d’origine turque ou kurde. En réponse à l’attaque faite par les Croisés du château des Cracks de Chevaliers contre des pèlerins musulmans, Salâh Ad-Dîn ordonna son armée de se diriger au Nord de la Palestine. Dans une bataille historique à Hittîn, l’armée musulmane fut victorieuse de l’armée des Croisés malgré le désavantage numérique. La victoire à Hittîn ouvra la voie vers Jérusalem. Il entra dans la ville sans affrontement ni résistance et fit preuve de miséricorde envers les prisonniers de guerre. Le nom de Salâh Ad-Dîn fut gravé avec des lettres d’or dans la mémoire de l’Islam. Il devint le héros musulman de son temps et avec ses victoires, l’Egypte émergea dans le monde musulman comme le pays des chevaliers.

Salâh Ad-Dîn dut faire face à une troisième expédition de Croisés conduite par trois souverains européens : Philippe Auguste (France), Frédéric Barberousse (Allemagne) et Richard Cœur de Lion (Angleterre). L’armée de Salâh Ad-Dîn, essentiellement constituée d’Egyptiens, de Syriens et quelques Turcs, s’opposa aux forces croisées dans des batailles en Palestine. Le 10 juin 1190, l’Empereur d’Allemagne mourut à Sélef. Affaiblis par les forces de Salâh Ad-Dîn, les Croisés ont dû abandonner en 1192.

Salâh Ad-Dîn ne vécut pas longtemps après ces victoires. Il retourna à Dieu en 1193 à Damas où il fut enterré. Dévoué pour la cause de l’islam, il ne cherchait pas sa propre fortune. Même en Occident, son nom est associé à la bravoure et à la chevalerie.

Ses successeurs devinrent les sultans d’Egypte, de Syrie, du nord de l’Iraq et la majeure partie de la Palestine. La capitale de leur dynastie fut le Caire, Damas était la deuxième ville la plus importante.

Les Ecoles ayyoubides

Bien que Salâh Ad-Dîn fit de l’Egypte la citadelle de l’Islam, repoussant toutes les menaces externes, il n’éprouvait pas de sympathie pour Al-Azhar. Il y voyait un outil mis en place par les Fatimides pour répandre leurs croyances, jugées non orthodoxes et hérétiques par les autres musulmans.

Afin d’affirmer avec force les croyances sunnites, Salâh Ad-Dîn entreprit des projets d’éducation. Il emprunta l’idée à son maître Nûr Ad-Dîn qui fit de la Syrie un grand centre intellectuel et construisit de nombreuses Ecoles islamiques sur tout le territoire Egyptien. Il paya généreusement les savants chargés d’y enseigner si bien que ces nouvelles Ecoles attirèrent de nombreux imâms. L’Egypte et la Syrie constituèrent alors le centre de gravité des sciences islamiques.

Les nouvelles Ecoles ou madrasah concurrencèrent Al-Azhar et contestèrent son rôle. Cela dit, Al-Azhar conservait un avantage par rapport à ces madrasah. En effet, la plupart de ces écoles étaient spécialisées dans l’enseignement de l’une des quatre écoles sunnites de jurisprudence (Hanafî, Maléki, Shâfî`î ou Hanbalî) alors qu’à Al-Azhar les quatre écoles de jurisprudence étaient représentées et enseignées.

Savants d’Al-Azhar sous les Ayyoubides

Malgré la crise que connut Al-Azhar sous le règne Ayyoubide, cette université séculaire continuait à attirer de nombreux savants de renommée comme : Abû Al-Qâsim Al-Manfalûtî, Shams Ad-Dîn At-Tabeki, le soufî `Omar Ibn Al-Fârid, Sa`d Ad-Dîn Al-Hârithî, Jamâl Ad-Dîn Al-Asyûtî et le célèbre historien musulman Shams Ad-Dîn Ibn Khalikân.

RERERENCES

  • Muhammad Abd-Allah `Inan, 1958, Tarikh al-Jami` al-Azhar (L’histoire de la mosquée Al-Azhar).
  • Saniya Qura’a, 1968, Tarikh al-Azhar fî Alf `Âm (L’histoire d’Al-Azhar en mille ans).
  • `Abd al-`Aziz al-Shinnâwî, 1983, al-Azhar Jami`an wa Jami`atan(Al-Azhar, une mosquée-université).

 

Source : islamophile.org

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Mercredi 29 novembre 2006 3 29 /11 /2006 14:13

Jâbir Ibn Hayyân, connu au Moyen-Age sous le nom de l’alchimiste Geber, est réputé comme étant le Père de la Chimie. Son nom entier est Abû Mûsâ Jâbir Ibn Hayyân. Il s’est établi comme un scientifique de premier plan en exerçant la médecine et l’alchimie à Al-Koufah (Irak) vers 776 après J.-C. Au cours de sa jeunesse, il était sous la protection du Ministre Barmaki, pendant le Califat abbasside de Haroun Ar-Rachid. Jâbir mourut en 803 après J.-C.

La contribution majeure de Jâbir (ou Geber) s’est faite en Chimie. Il est célèbre pour avoir rédigé plus de cent traités monumentaux dont vingt-deux ont trait à la chimie et à l’alchimie. Il introduisit la méthode expérimentale en alchimie (mot dérivant du terme arabe al-kîmiâ), donnant ainsi l’élan à la Chimie moderne. Jâbir mit l’accent sur l’expérimentation et sur le développement de méthodes qui permettraient d’assurer la reproductibilité de ses travaux. Il concentra ses efforts sur la mise au point de procédés chimiques de base et sur l’étude de différents mécanismes de réactions chimiques. Il aida ainsi à faire émerger la chimie en tant que science par opposition aux légendes de l’alchimie. Jâbir insista sur le fait que des quantités définies de différentes substances sont impliquées dans les réactions chimiques. Par conséquent, on peut dire qu’il ouvrit la voie à la loi de conservation de la masse.

Sa contribution à la chimie qui est d’une importance fondamentale inclut le perfectionnement de techniques scientifiques comme la cristallisation, la distillation, la calcination, la sublimation et l’évaporation ainsi que la mise au point de plusieurs instruments permettant de réaliser ces expérimentations. La plus grande réalisation concrète de Jâbir est la découverte des minéraux et des acides, qu’il prépara pour la première fois dans son alambic (al-imbîq en arabe). Son invention de l’alambic permit au processus de distillation de devenir aisé et méthodique. Parmi ses différentes percées, on peut citer la préparation des acides nitrique, chlorhydrique, citrique et tartrique. L’insistance de Jâbir sur la méthode expérimentale est de première importance. C’est sur la base de ces travaux qu’il est considéré comme le père de la Chimie moderne. Selon les mots de Max Mayerhaff, le développement de la chimie en Europe peut être directement relié à Jâbir Ibn Hayyân.

Jâbir fut le pionnier d’un grand nombre de processus chimiques appliqués. Ses contributions incluent la mise au point de l’acier, la préparation de différents métaux, la prévention face à la corrosion, l’inscription sur l’or, l’utilisation du dioxyde de manganèse pour la fabrication du verre, la teinture des tissus et le tannage du cuir, le vernissage de tissus imperméables, l’identification de peintures et de graisses. De surcroît, il développa l’aqua regia pour la dissolution de l’or.

Les idées expérimentales de Jâbir ont ouvert la voie à ce qui est aujourd’hui communément connu sous le nom de classification des éléments en métaux, non-métaux et substances volatiles. Il distingua trois types de substances en fonction de leurs propriétés  :

  1. les spiritueux, c’est-à-dire, les substances qui se vaporisent par réchauffement, comme le camphre, l’arsenic et le chlorure d’ammonium.
  2. les métaux comme l’or, l’argent, le plomb, le cuivre, le fer.
  3. les composés qui ne peuvent être réduits en poudre.

Les traités de Jâbir en chimie, dont son Kitâb Al-Kîmiâ (Le Livre de la Chimie) et son Kitâb As-Sab`în (Le Livre des Soixante-dix), furent traduits en latin au Moyen-Age. La traduction de Kitâb Al-Kîmiâ fut publiée par l’Anglais Robert de Chester en 1144 sous le titre " The Book of the Composition of Alchemy " (Le Livre de la Composition de l’Alchimie). Le deuxième ouvrage fut traduit par le célèbre Gérard de Crémone (mort en 1187). Berthelot traduisit quelques livres de Jâbir sous les titres " Livre du Royaume ", " Livre des Balances ", " Livre du Mercure Oriental ". Il est évident qu’il n’a pas repris les titres corrects pour les ouvrages de Jâbir. L’Anglais Richard Russel traduisit et publia en 1678 une autre œuvre de Jâbir sous le titre " Sum of Perfection " (Somme de la Perfection). Il le décrivit comme Geber, le plus célèbre prince et philosophe arabe. Ces traductions ont été populaires en Europe pendant plusieurs siècles et ont influencé l’évolution de la chimie moderne. De nombreux termes techniques introduits par Jâbir, comme alcali, se retrouvent dans différentes langues européennes et font désormais partie du vocabulaire scientifique. Seuls quelques-uns de ses écrits ont été édités et publiés, alors que beuacoup d’autres préservés en arabe n’ont pas encore été traduits. Jâbir contibua également dans d’autres sciences comme la médecine et l’astronomie.

 
 
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Jeudi 30 novembre 2006 4 30 /11 /2006 17:00

Abû Youssouf Ya`qûb Ibn Ishâq Al-Kindi naquit à Al-Kûfah (Irak) vers 800 après J.-C. Son père était fonctionnaire sous le règne de Hârûn Ar-Rashîd. Al-Kindi fut un contemporain d’Al-Ma’mûn, d’Al-Mu`tasim et d’Al-Mutawakkil. Il acquit une grande renommée à Bagdad. Al-Mutawakkil le désigna comme son calligraphe officiel. Mais les opinions philosophiques d’Al-Kindi dérangèrent Al-Mutawakkil qui lui confisqua tous ses livres. Ces derniers lui furent néanmoins rendus plus tard. Al-Kindi mourut en 873, pendant le règne d’Al-Mu`tamid.

Al-Kindi était un philosophe, mathématicien, physicien, astronome, médecin, géographe et même un expert en musique. Il est étonnant qu’il ait contribué de manière originale à tous ces domaines. Grâce à son œuvre, il fut réputé comme le philosophe des Arabes.

En mathématiques, il rédigea quatre livres sur le système numérique et posa les assises d’une grande partie de l’arithmétique moderne. Il n’y a nul doute que le système de numération arabe fut essentiellement développé par Al-Khawarizmi, mais Al-Kindi y apporta également une riche contribution. En outre, il participa au développement de la géométrie sphérique dont il avait besoin dans ses études d’astronomie.

En chimie, il s’opposa à l’idée que des métaux de base puissent être transformés en métaux précieux. Contrairement aux idées alchimistes alors prédominantes, il mit l’accent sur le fait que les réactions chimiques ne pouvaient provoquer la transformation des éléments. En physique, il apporta une riche contribution à l’optique géométrique et rédigea un livre à ce sujet. Ce livre guida et inspira par la suite d’éminents scientifiques tels que Roger Bacon.

En médecine, sa contribution capitale consiste au fait qu’il fut le premier à déterminer systématiquement les doses de médicaments à administrer au patient. Cela résolut les vives divergences de dosage qui existaient entre médecins, divergences qui rendaient difficiles la prescription des ordonnances.

Al-Kindi était très peu connu à son époque pour son étude des aspects scientifiques de la musique. Il remarqua que les différentes notes qui, accordées, produisent l’harmonie ont chacune une hauteur spécifique. Ainsi, les notes qui ont une hauteur trop basse ou trop élevée ne sont pas plaisantes à entendre. Le degré d’harmonie dépend de la fréquence des notes, etc. Il remarqua également que lorsqu’un son est produit, il y a génération d’ondes sonorres se propageant dans l’air et faisant vibrer le tympan. Son œuvre comprend une notation pour la détermination des hauteurs.

Al-Kindi fut un écrivain prolifique. Le total des livres qu’il a publiés atteint 241 livres, dont les plus importants sont répartis comme suit :

  1. Géométrie : 32 livres.
    2. Médecine : 22 livres.
    3. Philosophie : 22 livres.
    4. Astronomie : 16 livres.
    5. Physique : 12 livres.
    6. Arithmétique : 11 livres.
    7. Logique : 9 livres.
    8. Musique : 7 livres.
    9. Psychologie : 5 livres.

De plus, il rédigea plusieurs monographies concernant les marées, les instruments d’astronomie, les roches, les pierres précieuses et autres. Il fut également l’un des tout premiers traducteurs des œuvres grecques en arabe, mais ce travail fut largement recouvert par ses nombreux propres écrits. Malheureusement, la plupart de ses ouvrages ont disparu mais ceux qui restent en disent long sur son niveau d’érudition et sur ses apports. Il fut connu sous le nom d’Alkindus au Moyen-Age en Europe. Un grand nombre de ses livres furent traduits en latin par Gérard de Crémone, dont Risâlat Dâr At-Tanjîm (Lettre de l’Observatoire), Ikhtiyarât Al-Ayyam (Les Choix des Jours), Ilâhiyyât Aristou (Théodicée d’Aristote), Al-Mûsîqâ (La Musique), Madd wa Jazr (Marée haute et Marée basse), Adwiyah Murakkabah (Remèdes préparés).

L’influence d’Al-Kindi sur le développement de la science et de la philosophie fut significative : elle redonna l’élan aux sciences d’alors. Au Moyen-Age, Cardano le considéra comme l’un des douze plus grands esprits de l’humanité. Ses œuvres permirent, pendant des siècles, de pousser le développement de différents domaines d’étude, notamment en physique, en mathématiques, en médecine et et en musique.

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Vendredi 1 décembre 2006 5 01 /12 /2006 16:36

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Celui qui a donné son nom à l'algorithmie

Abû cAbdullah, Muhammad Ibn Mûsâ Al-Khawarizmî est né à Khawarizm (Kheva), au sud de la mer d?Aral, dans l?actuel Ouzbékistan (pays musulman pendant un millénaire jusqu?à la colonisation par les Russes en 1873). Ses parents ont migré au sud de Baghdâd quand il était enfant. Les dates exactes de sa naissance et mort ne sont pas connues mais d?après certains de ses écrits, on situe sa naissance dans la période 813-833 et sa mort aux environs de l?année 840 ( 27 ans !).

Il est particulièrement connu pour son invention du concept d?Algorithme. Il s?intéressa principalement aux mathématiques mais il consacra aussi une partie de son temps à l?astronomie et à la géographie, sans parler de la poésie. Al Khawarizmi est certainement un des plus grands mathématiciens de l?histoire humaine en ce sens qu?il fonda plusieurs branches des mathématiques. Non seulement il élabora l?aspect systématique de la discipline (avec introduction de l? «  inconnu », « chose », « chay » en arabe, ce qui est probablement devenu xay puis x) mais donna aussi les solutions générales des équations linéaires (Ier degré) et quadratique (2nd degré).Le nom « algèbre » vient de son célèbre livre Al-Jabr wal-Muqâbalah. Il fit une synthèse des connaissances grecques et hindoues en arithmétique et y apporta sa contribution ensuite.

Par exemple, il explique l?usage du chiffre 0, un chiffre d?importance fondamentale pour la suite. Au-delà de son utilisation du système numérique indien, il développa plusieurs procédés d?arithmétique, incluant des opérations ou des fractions par exemple.C?est à travers ces travaux que le système décimale a été introduit d?abord chez les Arabes et plus tard en Europe. En plus de cela, il développa en détail des tables trigonométriques (avec entre autres la fonction sinus). En géométrie, il raffina la représentation géométrique des sections coniques. Son développement du calcul d?erreurs l?amena au concept de différenciation (plus tard repris et développé par Newton). Ses ouvrages d?arithmétique firent autorité au niveau universitaire juqu?au 16eme siècle.En astronomie on lui doit un recueil de tables astronomiques.En géographie, il reprit les travaux de Ptolémée et les corrigea en détail. 70 géographes ont travaillé sous sa responsabilité pour la réalisation de la 1ère carte du monde (connu), vers 830. On rapporte aussi qu?il procéda, à la demande du Calife Ma?mûn Ar-Rashid, à des mesures visant à accéder aux valeurs du volume et de la circonférence terrestre.Tous ces ouvrages, que ce soit en mathématique, géographie ou astronomie ont été traduits. La réputation de ce savant encore trop mal connu a traversé les siècles.

Quelques références :

  1. En Mathématiques :
  • Al Jabr wal Muqâbalah
  • Kitâb Al-Jamc wat-Tafrîq bil-Hisab Al-Hindî

      2.     En Géographie : Kitâb Sûrat Al-Ard (Le Livre de la morphologie de la Terre)

      3.     Astronomie : Kitâb Al-Rukhmat

Source : islamophile.org

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Vendredi 1 décembre 2006 5 01 /12 /2006 17:24

La bataille de Hattin (4 juillet 1187)

Le destin avait fait en sorte que Salâh Ad-Dîn (Saladin) brillât de mille feux sur le ciel du sixième siècle hégirien. Ses capacités et ses potentialités allaient surgir d’une manière époustouflante, si bien que par son œuvre, il allait devenir l’un des plus grands chefs d’État que le monde eût connus, l’un de ces chefs qui parviennent à modifier le cours de l’Histoire.

La mort de Nûr Ad-Dîn Mahmûd en 1174 constitua un tournant dans la vie de Salâh Ad-Dîn, car l’unité islamique - qu’était parvenu à construire le sublime héros Nûr Ad-Dîn Mahmûd - était dans une mauvaise passe et vivait au seuil de sa perte. Il n’y avait personne pour combler le vide laissé par Nûr Ad-Dîn et ce fut Salâh Ad-Dîn qui s’engagea à poursuivre le chemin initié par son prédécesseur et à renforcer les assises de l’unité islamique. La voie empruntée était difficile et l’espoir encore lointain.

La construction de l’unité islamique

Nûr Ad-Dîn mourut et laissa derrière lui un jeune fils d’à peine onze ans. Un conflit éclata alors entre les princes qui se disputaient la régence de l’État nûride. La situation en Syrie se détériorait inexorablement, bien que Salâh Ad-Dîn, en Égypte, suivait assidûment les événements. Il attendait en réalité que se présentât à lui l’occasion d’unifier le front islamique. Son attente ne dura pas longtemps puisqu’il fut promptement invité par un prince damascène à venir prendre la ville de Damas. Il se mit aussitôt en route pour être accueilli en grande pompe par les habitants. Il put ainsi mettre la main sur la ville et sa citadelle en 1174, après quoi il se dirigea vers Homs puis vers Hamâh pour les annexer également à son État. Il était à présent aux abords d’Alep qu’il tenta en vain de conquérir, après que les gouverneurs de la ville eurent fait appel à l’aide des Croisés. Salâh Ad-Dîn abandonna alors la ville, se promettant néanmoins d’y revenir plus tard. Huit années passèrent avant qu’il ne pût concrétiser sa promesse. Ce ne fut que le 12 juin 1183 qu’il put annexer Alep à son État. C’était une étape décisive dans la construction d’un front islamique uni face à la menace croisée.

Pour achever l’unification des Musulmans, il ne restait plus devant Salâh Ad-Dîn que la ville de Mossoul, qu’il assiégea d’ailleurs à plusieurs reprises jusqu’à la signature du traité de paix, en 1186, avec le gouverneur de la ville `Izz Ad-Dîn Mas`ûd.

Le front croisé

Durant la période au cours de laquelle Salâh Ad-Dîn œuvrait pour redonner vie à l’État islamique unifié et pour se préparer à lancer le jihâd contre l’ennemi croisé, il avait signé une trêve de quatre ans avec ce dernier. Il voulait ainsi se consacrer entièrement à la gestion de son pays et à la remise en ordre de sa situation auparavant délabrée.

Cependant, par sa stupidité, Renaud de Châtillon, le Seigneur de Kérak, empêcha les Croisés de profiter de cette trêve qu’ils avaient signée. Il commit une erreur monumentale, en dénonçant la trêve, en reprenant les armes et en s’attaquant ouvertement à une caravane commerciale qui se rendait d’Égypte à Damas. Il captura les commerçants et les caravaniers et les emprisonna dans la citadelle de Kérak.

Salâh Ad-Dîn essaya de se montrer patient : il envoya un message d’indignation à Renaud de Châtillon dans lequel il le menaçait si les biens de la caravane n’étaient pas restitués et les prisonniers libérés. Mais au lieu de répondre à l’appel, Renaud, enorgueilli par sa force, répondit avec mépris aux émissaires de Salâh Ad-Dîn : « Demandez à votre Muhammad (le Prophète) de venir vous sauver ! »

Le Roi de Jérusalem, Guy de Lusignan, tenta en vain de contenir la grave crise dans laquelle Renaud de Châtillon avait placé les Croisés. Mais ce dernier persista dans son refus de rendre les biens de la caravane et de libérer les prisonniers. Tout allait pour le mal chez les Croisés, d’autant plus que Salâh Ad-Dîn ne voyait plus d’autre issue que la guerre et la vengeance.

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Par Oussama - Publié dans : Séries
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